08/10/2015

Violence sociale



L'image du DRH d'Air France la chemise arrachée est insupportable. Comme est insupportable la morale low cost déballée par les responsables politiques et patronaux. Ils devraient plutôt s'interroger sur la colère qui macère dans le pays sous la violence infligée aux salariés. Hormis une minorité éclairée, voire liée à l'économie sociale et solidaire, les entreprises, en France comme ailleurs, exigent la flexibilité +, fixent des objectifs inatteignables, culpabilisent les moins productifs et, au final, licencient un peu plus pour engraisser les actionnaires et financer les retraites chapeaux des anciens PDG. En guise de dialogue, les représentants des salariés ne servent plus qu'à annoncer des défaites et calmer les colères. Patrons du MEDEF ou de la « nouvelle économie » même combat : l'insécurité sociale qui dévore les salarié(e)s, leurs enfants, la société. Et tue parfois. Mais contre cette violence-là, pas de réquisitoire : elle est sans image.

Michel Rouger

 


Jaurès en 1906…

Alberte Skorick a trouvé « ce texte de Jaurès particulièrement juste, dit-elle, dans un excellent article publié sur le site Démocratie et Socialisme. Depuis 170 ans, les violences ont bien plus souvent frappé les personnels que les patrons à ce qu’on sache. Voilà ce qu’en disait Jean Jaurès » :

« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. » 

Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906.



1.Posté par Rémi Begouen le 08/10/2015 17:52
A propos de chemise en lambeaux et de flexibilité +++, voilà une info ! :

Une chemise de DRH en lambeaux ?... : astucieuse réponse d'une société en lambeaux !

Tel me semble être l'avis de l'anti-DRH qu'est « DHR », d'où je tire cette phrase prémonitoire : « Notre époque semble accoucher d’une société en lambeaux (...) », phrase tirée d'un éditorial de présentation de cette audacieuse coopérative DHR. Voici le tout début de cet édito :

« En ces temps où il nous est demandé d’être ultra-flexibles et compétitifs, l’existence de cette coopérative relève d’un pari à la fois artistique, politique et économique. Et nos motivations pour faire vivre une telle structure pourraient se résumer ainsi :
• Concilier nos savoir-faire, nos désirs de création, et la recherche d’une utilité sociale.
• Allier sens de l’utopie – d’après nous vital en ces temps nihilistes et cyniques – et sens du pragmatique, de l’économie. »

Titre complet de cette petite structure autonome : « coopérative DHR - œuvriers associés, structure porteuse de projets, pôle medias audiovisuels indépendants, direction humaine des ressources ».

Je vous recommande de faire connaissance de cet original « DHR », via cet éditorial :
https://dl.dropboxusercontent.com/u/8878104/DHR/DHR%204p.%20Num.pdf
et, tant qu'à faire, via le site : cooperativedhr.fr/

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