Vu, lu, entendu... Citoyenneté / Libertés

Vies de taulards sur la toile


23/01/2014



Qui de mieux que des ex-détenus pour raconter la vie carcérale ? Les blogs de prisonniers fleurissent sur rue89. Le « taulard inconnu » a le sien. Il découvre et nous fait découvrir la détention, pas à pas, de l’intérieur même de sa cellule. Clandestinement.

Dans le cadre de sa campagne « Ils sont nous », l’Observatoire international des prisons (OIP) a aussi ouvert un blog sur rue89 : « Passés pas la case prison ». Une femme victime de violences conjugales qui a tué son mari, un jeune dealer, un pédophile… les récits défilent, recueillis par des rédacteurs de l’observatoire.
 
Entre ces parcours, rien en commun a priori. Sauf la prison qui les réunit. Ces ex-détenus parlent de leur vie d’avant, des conditions de détention, de l’effet prison : libération, « effet criminogène », anéantissement. En filigrane, des réflexions sur la prévention de la récidive se dessinent, un appel à écouter.
 
Et cette question enfin. L’incarcération est-elle toujours la bonne solution ? Alcooliques, malades, les détenus ont-ils vraiment tous leur place en prison ? Celle-ci est parfois un lieu de rebut, « où la société se débarrasse de ce qui la menace ou de ce qu'elle ne peut nourrir », comme l'a écrit Albert Londres. Dilatation du temps, rétractation de l’espace. Le noir, la solitude dans la promiscuité, l’entraide, la violence endémique. Dans un lieu abandonné, livré à lui-même.
 
L’OIP prévoit aussi la publication, d’ici un an, d’un livre de portraits, à partir d’entretiens réalisés par des écrivains.

Emilie Lay





Le Webdocumentaire





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Le billet de la semaine

​Hécatombes

La pollution auxiliaire numéro 1 de la mort. Près de neuf millions de victimes par an, selon une étude publiée mardi, dont 800 000 en Europe et 67 000 en France. Qu'ont bien pu faire ces dernières décennies les géants de la pétro-agro-bio-chimie et de l'automobile pour réduire cette pollution, cette hécatombe ? Rien. Ils continuent de cracher leurs particules à la même cadence qu'ils abreuvent de dividendes leurs actionnaires  et font bosser leurs salariés dont les cancers et les burn-out s'ajoutent à leur bilan. Les catastrophes liées au dérèglement climatique - qui, dès maintenant, tuent, blessent et déplacent des millions de personnes – ne les émeuvent pas davantage. Pas plus que Boeing n'a été ému par les 189 morts d'un premier crash de 737 Max en octobre. Il a fallu 157 nouvelles victimes dimanche, à Addis Abeba, pour que la firme soit acculée et que son action dévisse : au siècle du tout capitalisme, les chiffres de ses victimes devraient voisiner aux infos avec les cours du Dow Jones ou du CAC 40. 

Michel Rouger

14/03/2019

Nono