Le billet

04/07/2013

Un mot à la mer



Dans le flot d'informations qui déferle chaque jour, il s'en va, disparaît et revient toujours, tel une bouteille lancée à la mer. Au gré des vagues, d'autres mots apparaissent : l'Europe, avec ses pigeons et agents doubles dans la série « Obama, l'espion américain » ; Nelson Mandela, le héros retenu à la porte de la mort, engeôlé par ses proches ; Delphine Batho, la ministre limogée... Et il y a Tahrir. Ce mot-là continue de surnager dans les esprits, ici et au loin, de Rio à Istanbul, depuis maintenant plus de deux ans. Une tragédie égyptienne : la liberté, puis les rêves brisés, de nouveau la liberté secourue par l'armée... Tahrir, un mot, un espoir jamais englouti.

Michel Rouger
 




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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


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