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17/05/2022

Un appel à faire respecter les droits des paysans des Nations Unies


Le samedi 14 mai, à Rostrenen, dans les Côtes d'Armor, une table ronde sur les droits des paysans a réuni plus de cent personnes. Pour les organisateurs, il s'agit d'imposer à la France le respect de la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans.


De gauche à droite, Véronique Marcheseau (Confédération Paysanne), Morgane Ody (Via Campesina), Gilles Maréchal animateur du débat (Association Acteur du Monde agricole et Rural), Sylvia Pérez-Victoria, professeur d'économie à l'Université d'Andalousie.
De gauche à droite, Véronique Marcheseau (Confédération Paysanne), Morgane Ody (Via Campesina), Gilles Maréchal animateur du débat (Association Acteur du Monde agricole et Rural), Sylvia Pérez-Victoria, professeur d'économie à l'Université d'Andalousie.

Un appel à faire respecter les droits des paysans des Nations Unies
La France devrait respecter  la déclaration des Nations Unies sur les droits des paysannes, des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales. Le 18 décembre 2018, l'assemblée générale des Nations Unies  a adopté cette déclaration (1). Elle est centrée sur les droits à la terre, aux semences et à la biodiversité. Elle reconnaît aussi plusieurs droits collectifs, ancrés dans la souveraineté alimentaire  : c'est le droit des peuples à produire et consommer une alimentation saine. Désormais, cette déclaration devrait s'imposer aux États, même  si, comme la France, ils ne l'ont pas signée. Mais presque rien ne bouge. Pour cela, il est nécessaire de faire pression, sur tous les terrains.
 
Le libre échange ne permet pas de nourrir le monde
 
Contrairement aux informations largement diffusées, ni le libre échange des produits agricoles et alimentaires ni l'agro-industrie ne nourrissent correctement les populations en produits de qualité. « 70% de la production est concentrée sur 30% des terres » et donc la productivité de l'agriculture industrielle est relativement faible. Et, « les experts sont adaptés à l'agro-industrie », ajoute Sylvia Perez-Victoria, économiste.  « La survie dépend des luttes communes contre l'économie libérale », préconise Morgane Ody (Via Campesina).

Via Campesina (2) est née suite à la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), pour contrer ses objectifs de mondialisation libérale. La Confédération Paysanne s'y attelle : « Elle s'oppose, par exemple, aux méga-bassines pour l'irrigation », précise Véronique Marcheseau, « elle demande la suppression de la Cellule Déméter (3), elle milite pour la rémunération des produits agricoles au dessus de leur prix de revient et davantage de transparence des coopératives».

La concentration des terres dans d'immenses exploitations est aussi une réalité en France. Les chantiers sont nombreux et importants pour convaincre les citoyens et les paysans de lutter contre la diminution du nombre d'exploitations et la dégradation de l'environnement, en France et dans tous les pays. Loin de la « fin des paysans », de telles mesures devraient permettre la création de milliers d'emplois en agriculture.

JFB.

(1) 121 votes pour, 8, contre, 54 abstentions dont la France

(2) Via Campesina réunit 182 organisations dans 81 pays, dont en France la Confédération paysanne.

(3) Déméter est une cellule de la gendarmerie nationale créée en 2019. Elle a objectif de protéger les agricultrices et agriculteurs des agressions et intrusions sur les exploitations agricoles. Les défenseurs de l'agriculture paysanne et biologique accusent le gouvernement, à travers la cellule Déméter, de chercher à censurer la liberté d'expression des opposants à l'agriculture industrielle. Le 1er février 2022, le tribunal administratif de Paris  a jugé illégales une partie des missions de Déméter. Le 21 février, le gouvernement a fait appel. 
 


Une déclaration en 28 articles

​« La déclaration des Nations Unies sur les droits des paysannes, des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales » fait le tour des droits et obligations des États, en 28 articles. Le document est disponible su le site de Via Campesina. Le sommaire est visible ci-dessous. A titre d'exemple, voici quelques extraits et commentaires.
"L'article 17 sur le droit à la terre est vital dans le contexte actuel de concentration et d’accaparement des terres. En Amérique Latine, 1% des propriétaires possèdent plus de la moitié des terres agricoles ; c’est la répartition des terres la plus inégale au monde". commente Via Campesina
 Dans son article 19, la Déclaration soutient que : “Les paysans […] sont titulaires du droit aux semences, […] Le droit à la protection des savoirs traditionnels relatifs aux ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture ... »
« Rendre effectifs les droits des paysans suppose des réformes agraires partout dans le monde, qui protègent l’agriculture paysanne et agro-écologique, condition d’une souveraineté alimentaire essentielle à la justice et la paix mondiales » estime Via Campesina.




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