Vu, Lu, Entendu...

23/05/2019

Témoignage : pas facile d'être électrice européenne en Grande-Bretagne




Un bureau de vote
Un bureau de vote
Française installée en Grande-Bretagne depuis quelques mois, Emilie Etienne nous a adressé ce témoignage révélateur de la difficulté de voter aux élections européennes sur fond de Brexit.

" Jeudi 23 mai, 21h, Rugby. Les élections européennes n’avaient pas été prévues au Royaume-Uni et c’est donc au dernier moment, fin avril, qu’il a été annoncé qu’elles auraient bien lieu. Pour les nouveaux arrivants comme moi, Française travaillant au Royaume-Uni depuis quelques mois, il fallait s’enregistrer en ligne avant le 7 mai. Un collègue a eu la gentillesse de m’en tenir informée, car j’ignorais même que j’avais le droit d’y participer. Il faut dire que les élections ont été organisées à la hâte ! Le 1er mai, je remplis donc un formulaire assez simple sur internet, qui m’assure que ma ville, Rugby, bourgade localisée au centre de l’Angleterre (et là où le rugby fut inventé) reprendra contact avec moi concernant mon inscription, sous 10 jours ouvrés.

Les jours passent, et ma boite mail, ainsi que ma boite aux lettres, crient famine. Il ne me reste donc plus qu’à contacter ma mairie… qui m’informe qu’elle m’a bien envoyé un mail (disparu mystérieusement ?), et que je suis maintenant hors délais pour m’inscrire. Je ne me démonte pas et finis par obtenir gain de cause. Ouf ! Deux jours avant la date du scrutin, qui a lieu aujourd’hui, jeudi 23 et non dimanche 26 mai comme en France, me voici inscrite.

Une amie espagnol n’a elle, pas eu cette chance : on lui a refusé son droit de vote au motif qu’elle s’est inscrite en ligne après les horaires d’ouverture de la Mairie – alors que cela n’était indiqué nulle part. Un condensé de mauvaise foi de la part de la ville de Rugby, mais qui est loin d’être un cas isolé : The Guardian, fameux journal du Royaume-Uni, a déjà recensé plus de 500 témoignages similaires, alors qu’il reste encore une heure pour exercer ses droits citoyens. D’après The Guardian, certains cousins européens ont aussi essuyé des commentaires malvenus les invitant à voter dans leur pays d’origine ». Le hashtag #deniedmyvote (« mon vote a été refusé ») fait fureur sur les réseaux sociaux."

 
temoignage.mp3 Témoignage.mp3  (3.33 Mo)




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Le billet de la semaine

​Montez !

Sitôt passée la station Europe, les cars Macron ont pris la route pour aller ramasser les élus de droite et du centre inquiets pour leur siège à neuf mois des élections municipales. Allez, montez ! Et hop, 72 politiciens ont grimpé, regardés l'œil mauvais par leurs rivaux plus rapides qu'eux en macronie. Celle-ci est plus que jamais un hall de gare où se croisent tous les ex : ex-gaullistes, ex-chiraquiens, ex-giscardiens, ex-radicaux, ex-socialistes, ex-mitterrandiens, ex-rocardiens, ex-Verts... Un parti d'ex, centriste, ou plutôt excentrique, qui roule en zigzag,  jusqu'ici à droite, maintenant soudain à gauche."Le capitalisme est devenu fou", a lancé mardi le Président en stigmatisant la "captation des richesses par quelques-uns". Une seconde, on a cru qu'il allait entonner Debout, les damnés de la terre  et rétablir l'impôt sur la fortune pour les gros actionnaires. Mais non. Dans le car, les 72 élus de droite sont rassurés. Ils peuvent même se réjouir : ce coup de volant à gauche peut aider à ravir des villes aux socialistes.

​Michel Rouger

13/06/2019

Nono