Le billet

23/05/2013

Soldes



C'est « Jours fous » ces temps-ci à l'enseigne du capitalisme sauvage. 24 avril au Bangladesh : plus de 1 100 travailleurs, payés 30 € par mois, sont tués, écrasés dans leur usine. 13 mai, en France : des hordes de consommateurs se ruent sur les soldes de Virgin, ravagent les rayons, traumatisent les salariés bientôt licenciés. Droits humains, dignité: tout doit disparaître. Même les âmes sont à vendre. Braderie à tous les étages et au troisième les actionnaires comptent les billets. La « banalité du mal », comme l'a si bien démontré la philosophe Hannah Arendt. Elle revit aujourd'hui sur les écrans, démontrant avec une force intérieure peu commune comment l'idéologie nazie transforma de braves pères de famille en bourreaux.  La « banalité du mal » reste une notion très moderne. C'est bien de le rappeler, pour résister : ce film-là n'a pas de prix.
 
Michel Rouger    



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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


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