Le billet

Printemps


13/06/2013




Le peuple iranien vote de nouveau. Courbé. Quatre ans après l'immense appel à la liberté déclenché par les élections truquées, le printemps perse s'est évanoui : persiste, depuis, le climat glacial du despote en turban noir Ali Khamenei. À Istanbul, sous le refroidissant Erdogan, le printemps turc ne semble pas pouvoir éclore place Taksim. Pendant ce temps, en Syrie, un déluge de violence n'en finit pas de noyer dans le sang les espoirs de démocratie apparus lors des grandes manifestations populaires et non-violentes d'il y a deux ans. Syrie, Égypte, Tunisie, Yémen... Que sont devenus les printemps des jeunesses arabes ? Printemps pourris. Dans nos jardins, pourtant, rosiers et résédas parviennent à fleurir, malgré la pluie. Et le temps nous l'a appris : les sociétés, là-bas ou ici, sont comme nos jardins.
 
Michel Rouger 





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Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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