Le billet

13/06/2013

Printemps



Le peuple iranien vote de nouveau. Courbé. Quatre ans après l'immense appel à la liberté déclenché par les élections truquées, le printemps perse s'est évanoui : persiste, depuis, le climat glacial du despote en turban noir Ali Khamenei. À Istanbul, sous le refroidissant Erdogan, le printemps turc ne semble pas pouvoir éclore place Taksim. Pendant ce temps, en Syrie, un déluge de violence n'en finit pas de noyer dans le sang les espoirs de démocratie apparus lors des grandes manifestations populaires et non-violentes d'il y a deux ans. Syrie, Égypte, Tunisie, Yémen... Que sont devenus les printemps des jeunesses arabes ? Printemps pourris. Dans nos jardins, pourtant, rosiers et résédas parviennent à fleurir, malgré la pluie. Et le temps nous l'a appris : les sociétés, là-bas ou ici, sont comme nos jardins.
 
Michel Rouger 




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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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