Témoignages... Justice / Inégalités

26/04/2011

Pour Jean-Sébastien


Il y a tout juste cinq ans, Stéphane Morin a perdu son fils Jean-Sébastien, 12 ans et demi, victime d'un arrêt cardiaque subit. Depuis, il se bat pour épargner à d'autres un tel drame.


C'est une histoire ordinaire, d'un papa ordinaire, que je voudrais, grâce à vous, raconter pour sauver encore plus de vies.

Le jeudi 4 mai 2006 mon fils est parti suite à un arrêt cardiaque subit. Jean-Sébastien avait 12 ans et demi. Depuis, je milite pour l'installation de défibrillateurs et la formation aux gestes qui sauvent.

J'ai fait une marche de Marseille à Paris pour rencontrer des élus et les convaincre de la nécessité d'installer des appareils, d'informer les citoyens et de les former.  Le 4 Mai 2007, je suis arrivé à Paris, accueilli au Sénat et à la mairie de Paris par Bertrand Delanoë lui-même. Le président Chirac connaissait mon parcours et m'en a félicité...

Mais au-delà de ces félicitations, le 4 mai 2007 fut signé un décret qui permet à tous, formés ou non, d'utiliser un défibrillateur. Le 4 mai 2007 est exactement le premier anniversaire du départ de mon fils, Jean-Sébastien.

Je travaille avec des professeurs urgentistes  ou en cardiologie que j'informe sur l'avancement des équipements en défibrillateurs et sur la croissance du nombre de personnes initiées aux gestes qui sauvent. Je leur ai aussi demandé quelles étaient les questions qu'ils voulaient poser à leurs homologues étrangers, notamment les Japonais auprès de qui je me suis rendu. Je suis aussi en relation avec eux pour me tenir informé de l'évolution des gestes qui sauvent pour transmettre ces mêmes informations au grand public.

Multiplier les défibrillateurs, sensibiliser...

Aujourd'hui, ce combat m'a permis d'être élu et de faire en sorte qu'il soit mené. La ville de Montélimar est équipée d'une trentaine de défibrillateurs, la communauté d'agglomération d'une cinquantaine. Près de 5 000 personnes ont été initiées aux gestes qui sauvent (bien plus en pourcentage que la moyenne nationale). Toutes les écoles primaires sont équipées, et le personnel formé. Une personne a été sauvée grâce à cela comme l'a reconnu le SAMU. 

Je dois dire que j'étais dans le parti opposé au maire sortant. Mais celui-ci m'a dit que mon travail l'intéressait et m'a donc proposé de faire partie de sa liste ( l'ouverture! ). Mon camp n'a pas voulu m'intégrer sur la liste après deux mois de réflexion. Je n'ai pas voulu rater l'occasion de me battre pour cette cause, pour sauver des vies, à cause d'une histoire de partis. De plus il s'agissait d'une élection locale, et le député maire a bien géré sa ville. 

L'arrêt cardiaque subit n'est ni de gauche  ni de droite et on ne porte pas secours à une personne en fonction de sa couleur politique .

Je travaille maintenant avec l'OPH de Montélimar pour faire installer des défibrillateurs dans les nouvelles constructions HLM. Je travaille d'ailleurs sur ce sujet au niveau national avec l'USH. Mon travail de sensibilisation est constant et se porte sur tout public, enfants, actifs et personnes âgées. 

Je suis aussi en relation permanente avec des associations à l'étranger, et notamment avec Parent Heart Watch aux Etats Unis. Jean-Sébastien est, hélas, sur leur site www.parentheartwatch.org 

Stéphane Morin

Contact E-mail morin.ste@orange.fr  

(Titre et intertitre sont de la rédaction)




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Retraitons

65 articles, 22 000 amendements… En ce moment, douze heures par jour, les députés de la commission retraite traitent et retraitent la réforme des retraites avant que l’Assemblée à partir du 17 février, traite et retraite derechef la réforme des retraites sachant que personne ne veut battre en retraite... Jeux de mots faciles ? Oui, et indécents tant les inégalités sont et resteront au cœur du système. Mais n’est-ce pas cela qui caractérise cette réforme et bien d’autres gestes politiques en ce moment : un jeu de mots. On joue avec les mots, on se paye de mots. Quand le fleuve de mots du "Grand débat"  finit perdu dans les sables, quand la promesse présidentielle d’une société plus humaine est étouffée par les violences policières, quand les actes révèlent l’imposture d’un projet "et de droite et de gauche", quand chaque réforme dite juste se révèle injuste, les mots perdent leur sens, la confusion règne. Difficile alors pour l’opinion d’adhérer à cette réforme des retraites, quoi que fassent les députés jusque tard dans la nuit.

Michel Rouger

06/02/2020

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