Le billet

PSA


12/07/2012




8 000 emplois supprimés. La lame est tombée. Aulnay exécutée. Rennes amputée. Des urgences effrayantes à gérer pour le nouveau gouvernement. Des syndicalistes, des salariés, contraints à l'héroïsme pour leur dignité et leur quotidien. Les trois lettres PSA sont sinistres aujourd'hui. Qu'ont fait les dirigeants de nos Peugeot et nos Citroën ? Varin, le PDG, a accumulé les erreurs stratégiques mais lui, bien sûr, garde son poste. C'est "la crise". Sous les dix années du pouvoir précédent, l'industrie française a perdu 750 000 emplois, c'était aussi  "la crise". Ou « les fameuses charges sociales trop élevées », jamais l'absence de vision et de courage. Responsables, pas coupables, vieille rengaine.  Il y a de la colère depuis ce 12 juillet et elle se comprend. 

Michel Rouger





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Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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