Vu, Lu, Entendu...

02/04/2019

Le retour de l'extrême droite au Brésil était prévisible


Les observateurs n'ont pas vu la montée des ultra-droites au Brésil. Jaïr Bolsonaro en a bénéficié. Cette montée date pourtant de dix ans, souligne l'historienne Maud Chirio



Maud Chirio, historienne, est Maître de conférence à l'Université de Paris Est- Marne La Vallée
Maud Chirio, historienne, est Maître de conférence à l'Université de Paris Est- Marne La Vallée

Élu le 28 octobre 2018, Jaïr Bolsonaro est le président du Brésil depuis le 1er janvier 2019. Nostalgique de la dictature (1964-1985), il est ouvertement sexiste, raciste, favorable au port d'armes à feu... L'ascension des ultra-droites date de plusieurs années. Les observateurs dans le monde occidental et en France, notamment, ne les ont pas vues venir. Dans une conférence, le 29 mars, à la Maison des Sciences de l'Homme, à Rennes, Maud Chirio, historienne, explique comment ça a été possible. (1)

Le discours anticommuniste avec la théorie du marxisme culturel (le pouvoir se conquiert par la culture), l'éloge de la dictature, la lutte contre la corruption... pointent au Brésil depuis au moins dix ans selon Maud Chirio. Peu visibles dans les médias ou les discours officiels, les idées de la droite dure se sont épanouies peu à peu dans les réseaux sociaux, sans être détectés par les observateurs."Pendant la campagne présidentielle de 2014, les pages facebook anticommunistes comptent 10 millions de membres". 

Ils sont apparus en public, en 2015, lors des manifestations pour la destitution de la Présidente Dilma Rousseff, présidente de la République, issue du Parti des Travailleurs (PT) . Paradoxalement, la Commission Nationale de la Vérité sur la dictature, va servir la propagande de l'extrême droite à cause de la crise économique, de la baisse de popularité du PT, de l'opération Lava Jato, menée contre le PT... Avec cette Commission, le tortionnaire Carlos Ustra (décédé en 2015) va passer pour un héros de l'extrême droite militaire. Très peu de gens ont pris la mesure de la montée en popularité de Bolsonaro, porté par des discours anti-républicain et grâce au comportement fascisant de 15 à 20% des Brésiliens.

(1) Elle était invitée par le Département de Portugais de l'Université de Rennes 2 et le Collectif Brésil.


bresil.mp3 Brésil.mp3  (2.41 Mo)




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Le billet de la semaine

​L'Étranger, toujours

Comme une fatalité. Chaque élection présidentielle apporte sa méprise. Ainsi le jeune Président élu en mai 2017 a aussitôt muté en vieux politicien utilisant les ficelles les plus usées. Revoilà l'immigration. Alors qu'elle n'est pas apparue dans les priorités des Gilets Jaunes et du Grand débat national, le Président pousse le sujet, impose aux députés et sénateurs d'en débattre, empoisonne les esprits en alléguant que le droit d'asile est détourné par des réseaux. L'Étranger pris en otage, toujours. Le président pourrait rappeler les faits. Citer les chiffres réels. Démontrer la capacité d'accueil du pays des Droits de l'homme aujourd'hui parmi les mal classés de l'Union européenne. Souligner que personne ne quitte son pays sans déchirement. Que le migrant arrive exténué, martyrisé en chemin. S'appuyer surtout sur l'esprit d'accueil qui se manifeste dans toute la France. Cela ferait un beau discours politique, qui grandirait le pays  et le candidat à la Présidentielle de 2022 descendu aujourd'hui sur le terrain de l'extrême droite pour en faire son seul challenger.

Michel Rouger

07/10/2019

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