Le billet

Le rameur


21/08/2014




« Toute godille ou tout zigzag rendrait incompréhensible notre politique », a dit François Hollande en s'accrochant à ses rames, au milieu des courants du PS, devant la rentrée pourrie qui pointe à l'horizon. Mais la métaphore est troublante. N'est-ce pas une sorte d'antiphrase, de lapsus calami ? On imagine volontiers le Président se disant le soir au fond de son fragile esquif : « Depuis deux ans, toutes les godilles, tous les zigzags rendent incompréhensible ma politique ; un coup à gauche, un coup à droite, deux coups de travers, je n'avance pas, je recule. » Députés socialistes, comprenez donc le drame du rameur solitaire dans la nuit élyséenne. Cessez de fronder, soutenez. Au fond, soyez des godillots, attribut qui n'a rien de la godille, légué par Alexis Godillot, le père franc-comtois du célèbre brodequin par ailleurs grand organisateur de fêtes officielles sous Napolélon III. Pas de fête aujourd'hui. On rame.

Michel Rouger





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Michel Rouger

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