Le billet

06/01/2016

La vague morte



C'était en janvier 2015. Il y a très longtemps. Les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher soulevaient un exceptionnel souffle de liberté et de fraternité. Une immense vague humaine, quoiqu'un peu trop blanche et polluée à Paris par les visages d'oppresseurs notoires, submergeait le pays. Je suis Charlie. Puis l'émotion a reflué et le paysage ancien est réapparu, morcelé, fracturé, qu'aucun « effet 11 janvier » n'est venu changer. Alors a surgi le vendredi noir, une tragédie, pire encore. Un flot de solidarité et d'héroïsme individuels est réapparu mais l'immense vague, elle, n'est pas revenue. A la place :  la liberté et la fraternité abîmées par le vote d'extrême-droite et le plan policier du pouvoir. Reverra-t-on un jour la vague du 11 janvier ? Pendant que Charb et les autres caricaturent là-haut l'agitation commémorative rappelant leur assassinat, on aimerait tant l'espérer.

Michel Rouger

 

 





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​La vague

Regarder la mer et laisser l'esprit voyager. Surtout ne plus se laisser submerger par la peur. La peur de la « seconde vague » que croient voir arriver au loin, dans la brume, un de ces jours, l'épidémiologiste, le sous-préfet, le journaliste, la cousine dont la nièce travaille à l'hôpital. Regarder la mer. Regarder dans le flot d'abstentions de dimanche la vague verte portée par un courant socialiste que l'on croyait disparu. Regarder la mer et le temps d'un été laisser l'espoir voyager... 

​Michel Rouger

01/07/2020

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