Le billet

La panne


06/12/2018






La démocratie est aujourd'hui échouée sur le rond-point de la République. Une foule d'individus en gilets jaunes entourent le pilote. Celui-ci actionne en vain les commandes. Il faut dire qu'il s'agit d'un jeune un peu inconséquent. Il y a dix-huit mois, il a arraché le volant aux conducteurs expérimentés et entamé une course sans crier gare. Il s'est pris pour un dieu, jupiter. Il a bousculé le petit peuple, s'est fait applaudir par les nantis, a lancé un bras d'honneur à chaque appel à la prudence. Seuls ces gilets jaunes ont pu le stopper. Ils l'ont même contraint à faire marche arrière. Alors que les violences policières font frémir, que des casseurs, extrémistes et démagogues tentent de profiter de l'aubaine, qui peut sortir la démocratie de cette ornière ? Les “casques bleus” habituels, ceux qu'on appelle les “corps intermédiaires”, en tête desquels les syndicats jusqu'ici méprisés.

Michel Rouger

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Le billet de la semaine

​Notre-Dame de Palmyre

Nous pleurions lundi soir en voyant une part de notre histoire, de notre culture, de nous-mêmes, dévorée par le feu de l'enfer. Mais nos larmes sèchent déjà. C'était un accident, le monument a résisté, l'argent afflue vers la riche Paris. Nous reconstruirons, a dit le Président. Des grandes orgues et de milliers de poitrines jaillira, dans quelques années, un vibrant Alleluia. Douleur infime. Tellement éloignée de la douleur des Syriens, Kurdes, Irakiens, Afghans qui pleurent pour toujours la perte des Notre-Dame de Palmyre, de Mossoul, d'Alep, de Racca, de Bâmiyân : cités antiques, mosquées, églises, temples et statues... perdus à jamais non par accident mais par la haine d'une armée d'humains, leurs propres frères, fanatisés par un dieu fou. Depuis lundi soir, les Français peuvent seulement effleurer leur malheur pour, désormais, ne pas les oublier. 

Michel Rouger

 

18/04/2019

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