Le billet

L'automobiliste


11/01/2018




A la vue du nouveau panneau "80", des automobilistes se sont mis comme d'habitude à klaxonner furieusement. Faut comprendre le champion du champignon. Alors qu'il suffirait de transformer toutes les routes à double sens en autoroutes, y compris les chemins vicinaux, le gouvernement ralentit encore la vitesse. Pour s'attaquer à la mort des autres, on ne fait, lui, que l'embêter. On le fait tourner sur des ronds-points à vision panoramique, sursauter sur des ralentisseurs trapézoïdaux et des coussins berlinois, redouter les gendarmes couchés et ceux qui ajustent leurs radars. Résultat : son calculateur interne chauffe. Aujourd'hui, se dit-il, je mets 14 mn à faire les 17 km de départementale : avec leur "80", il me faudra combien pour arriver sur la rocade ? Pour entrer dans le bouchon. Me retrouver bien aise dans ma caisse. Entouré de milliers d'autres caisses. A écouter rien qu'une heure durant RTL. 

Michel Rouger

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Le billet de la semaine

Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Vouloir rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher lentement ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

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