Le billet

Élevage


18/09/2014




Les ouvrières « illettrées » de l'abattoir Gad auront intelligemment pardonné  sa gaffe à ce jeune ballot d'Emmanuel Macron contraint, tout piteux, de s'excuser. Mais que voulez-vous ? Un élevage hors-sol ne peut que produire un ministre mal élevé. Enfermés dès poussins d'un jour, les jeunes politiciens modernes sont nourris d'équations, statistiques, et autres brouets pour as de la comprenette, puis restent abrités à l'ombre de hauts murs : Grandes Écoles, Haute Administration, Haute Finance. Ils ne peuvent donc être lâchés soudain sans péril à l'air libre, ministres. Il conviendrait de prévoir un sas. Les laisser s'approcher lentement de la vraie vie. Découvrir que la politique n'est pas affaire de chiffres mais de citoyens. Affronter la basse-cour électorale. Souffrir. Comme souffrent les gens.
 
Michel Rouger





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Comme une fatalité. Chaque élection présidentielle apporte sa méprise. Ainsi le jeune Président élu en mai 2017 a aussitôt muté en vieux politicien utilisant les ficelles les plus usées. Revoilà l'immigration. Alors qu'elle n'est pas apparue dans les priorités des Gilets Jaunes et du Grand débat national, le Président pousse le sujet, impose aux députés et sénateurs d'en débattre, empoisonne les esprits en alléguant que le droit d'asile est détourné par des réseaux. L'Étranger pris en otage, toujours. Le président pourrait rappeler les faits. Citer les chiffres réels. Démontrer la capacité d'accueil du pays des Droits de l'homme aujourd'hui parmi les mal classés de l'Union européenne. Souligner que personne ne quitte son pays sans déchirement. Que le migrant arrive exténué, martyrisé en chemin. S'appuyer surtout sur l'esprit d'accueil qui se manifeste dans toute la France. Cela ferait un beau discours politique, qui grandirait le pays  et le candidat à la Présidentielle de 2022 descendu aujourd'hui sur le terrain de l'extrême droite pour en faire son seul challenger.

Michel Rouger

07/10/2019

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