Le billet

08/04/2011

Deux inconnues dans la rue



Ces femmes venues d'Europe de l'Est qui mendient ou tendent un journal de SDF dans la rue, c'est un problème, non? Un vrai problème, sans réelle solution. L'autre matin, devant le centre commercial, le problème était encore posé, telle une statue à peine articulée, contournée par des passants le regard fuyant, pressé. Un peu plus tard, en sortant, la dame était toujours là. Mais cette fois, elle n'était plus seule. Une femme d'ici, d'une association humanitaire visiblement, lui parlait. Lui a dit : «On se voit demain matin?» Le problème était devenue une personne, une vie, une longue et éprouvante histoire assurément, adoucie à présent par un fragile espoir.

                                                          Michel Rouger.



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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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26/11/2020

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