Le billet

Deuil


30/10/2014




Dans le Tarn, pour abreuver une poignée de producteurs de maïs assoiffés de rendements et malgré une tonne d'expertises négatives, une arme policière a tué un jeune opposant de 21 ans. Dans la Somme, pour engraisser le patron d'une ferme-usine de 1 000 vaches, des syndicalistes paysans ont été pourchassés et condamnés. Tout est dit. Reste un instant de silence pour la mort de Rémi Fraisse, de l'agriculture humaine et des valeurs supposées d'un chef de gouvernement et de quelques barons socialistes. 

Michel Rouger





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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