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15/02/2022

Des ports assument le commerce triangulaire, pas tous...



En 1777, Nantes comptait environ 700 personnes de couleur, dont 280 vivaient en esclavage.(Vue partielle d'un tableau de l'exposition "Abime").
En 1777, Nantes comptait environ 700 personnes de couleur, dont 280 vivaient en esclavage.(Vue partielle d'un tableau de l'exposition "Abime").
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Des ports de l'Atlantique, Nantes, La Rochelle, Bordeaux osent montrer leur participation à la traite négrière. Pour d'autres, comme Saint Malo,  c'est moins vrai !

Nantes propose en ce moment l'exposition « Abime », et toute l'année le Mémorial de l'abolition de l'esclavage sur les quais de la Loire raconte un pan de l'histoire de la ville..
L’abîme  (1)  permet d'entrevoir comment une ville entière et son territoire ont pu trouver dans le système colonial et esclavagiste les raisons et les moyens d’un enrichissement sans précédent. Cette exposition présente aussi les noms de celles et ceux, qui inscrits dans les documents officiels, vécurent à Nantes en subissant le statut de personnes captives mises en esclavage, entre 1692 et 1792. 

Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage  (2) est l’un des plus importants consacrés à la traite négrière, à l’esclavage et à son abolition. Il marque  le rapport de Nantes à son passé de premier port négrier de France au 18e siècle et rend hommage à ceux qui ont lutté et luttent encore contre l’esclavage dans le monde.  Sur les quais de Loire, 1 710 plaques de verre rappellent le nom des navires et les dates de départ des expéditions négrières nantaises. Les 290 autres plaques indiquent les comptoirs négriers, les ports d’escale et les ports de vente en Afrique, aux Antilles, aux Amériques et en Océan Indien. Au rythme de ses pas, le visiteur prend conscience de l’ampleur de cette tragédie.

A La Rochelle Le Musée du Nouveau Monde (3) raconte le rôle des armateurs rochelais dans la traite négrière. Créé en 1982, il  illustre les relations qu’entretient la France, et en particulier La Rochelle, avec les Amériques depuis le XVIe siècle. La ville fut l'un des principaux ports de commerce et d'émigration vers le Nouveau Monde : Nouvelle France, Antilles...

A Bordeaux,  le passé négrier de la ville s’expose dans l’espace public. On peut ainsi découvrir les sites commémorant et présentant l'histoire de la traite négrière et de l'esclavage à travers  un parcours sillonant le cœur de la ville et ses deux rives.

A Saint-Malo, environ 80 000 hommes et femmes ont transité par la cité corsaire à partir de 1720.  Alain Roman (4) a répertorié une soixantaine d'armateurs malouins négriers dont une dizaine avec des chiffres importants. Jacques Cartier et Surcouf posent moins problème. Peut-être la ville racontera-t-elle cet aspect sombre et peu connu de son histoire dans le futur musée maritime toujours en projet.

JFB.


(1) Exposition L'Abîme, Château de Nantes jusqu'au 19 juin 2022.
(2) Le Mémorial de l'abolition de l'esclavage. En visite libre, entre le pont Anne-de-Bretagne et la passerelle Victor-Schœlcher : accessible sans réservation, ouvert tous les jours.
(3) Le musée du Nouveau Monde, 10 rue Fleuriau à La Rochelle
(4) Saint-Malo au temps des négriers, éditions Cathala,



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