05/06/2013

D'office



Vous êtes raplaplas ? Gare à vous ! Vous risquez l'injonction « Direct l'HP ! » Un rapport vient de révéler que le nombre d'hospitalisations psychiatriques sans l'accord de l'intéressé a connu une hausse jamais vue de 44 % en cinq ans : 43 957 en 2006, 63 345 en 2011. Les chambres d'isolement se sont aussi multipliées. Voilà qui redouble nos angoisses. Pas question bien sûr ici de prendre parti dans les folles controverses entre psys, leurs écoles et leurs chapelles, même si les accros de la camisole chimique ajoutent à nos troubles. Simplement, qu'est-ce qui cloche, docteur ? On s'en doute un peu. Le fonctionnement actuel de la société engendre de grandes souffrances mentales. Raboter les libertés est également assez en vogue. En fait, en France désormais, comme dans bien des pays, l'hôpital psy et la prison se remplissent au rythme des ravages d'une société fort anormale, remplissent un peu le même office.
 
Michel Rouger



Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique

Fou - 22/04/2021

Bientôt la fête - 15/04/2021

Moderna - 08/04/2021

Poison - 31/03/2021

​Ouvrons l’œil - 18/03/2021

​Condamnés - 02/03/2021

​Les Martiens - 24/02/2021

Chocolat - 17/02/2021

Chaud-froid - 10/02/2021

​Désobéir - 27/01/2021

​Séparatisme - 19/01/2021

​Les Réseaux - 14/01/2021

Les artistes - 17/12/2020

​Climat(s) - 10/12/2020

​Capitalisme bio - 03/12/2020

​Essentiel - 26/11/2020

1 2 3 4 5 » ... 24






Le billet de la semaine

Fou


C’est fou de voir dans quels égarements conduit la récupération politique du malheur, de l’émotion collective d’un fait divers. Présidents de la République en tête. Courant après Le Pen père et fille, Nicolas Sarkozy s’en était fait une spécialité. Emmanuel Macron vient de sauter dans sa foulée. Le 14 avril, dans l’affaire Halimi,  la Justice a conclu à l’irresponsabilité pénale du meurtrier pris d’une "bouffée délirante" liée au cannabis : aussi sec, le Président de la République a demandé un "changement de la loi au plus vite". A problème de société complexe, réponse réflexe, irrationnelle. On peut se shooter volontairement pour commettre un acte programmé mais dans la plupart des cas l’usage des stupéfiants est lié à d’autres troubles ou à des conditions de vie difficiles voire dramatiques où la responsabilité des gouvernants dépasse celle des individus. Quand on sait que le nombre des malades psychiques en prison est déjà l’un des grands scandales français, ces récupérations électoralistes tiennent quelque part du délire. 

Michel Rouger
20210422_fou.mp3 20210422 Fou.mp3  (1.14 Mo)


22/04/2021

Nono



Le Webdocumentaire








Partenaires