Le billet

02/05/2013

Claude, travailleur au noir



En s'apercevant que ses paiements en liquide avaient été découverts, Claude Guéant aurait dû se liquéfier. Pas du tout ! Droit comme un Cahuzac ! Ce liquide n'a en rien alimenté la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, a-t-il assuré dans un flot d'interviews. Simplement, il a reçu pour son travail des primes en liquide comme en touchaient alors « des milliers de fonctionnaires ». Une défense, pour dire vrai, assez flottante. Claude Guéant est « un voleur ou un menteur », a lancé sa camarade de l'UMP Roselyne Bachelot. Quoi qu'il en soit, grâce à lui, le 1er mai aura été cette année la Fête du Travail au noir. Voilà un ancien ministre qui  se blanchit en invoquant la fraude au fisc et à la Sécurité sociale. À trop pourchasser le sans-papier ouvrier au noir, l'ex- premier flic de France a fini par l'imiter. On peut appeler ça le syndrôme de Claude. 

Michel Rouger




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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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