Vu, Lu, Entendu...

19/11/2019

"Ciné campagne" : un festival pour faire avancer une "campagne solidaire"



cine_campagne.mp3 Ciné Campagne.mp3  (1.59 Mo)

A partir de ce vendredi 21 novembre et jusqu'au 1er décembre, un petit groupe de passionnés emmenés par Roland Berhault, agriculteur retraité, propose une nouvelle fois - c'est la 14e édition - une initiative originale et constructive. Dans le bourg de Châtillon-en-Vendelais, non loin de Rennes, le festival Ciné Campagne aura pour thème "la campagne solidaire" : films, débats, prix du public et dégustations pour réfléchir à la vie des agriculteurs et du monde rural aujourd'hui, et « montrer ce qui se vit de bien autour de nous ».

Français ou étrangers, près d'une vingtaine de films, documentaires, portraits et films pour jeune public seront ainsi proposés en soirée, l'après-midi ou le week-end. Figurent notamment au programme : "Les réfugiés de Saint-Jouin" (l'histoire vraie d'un bourg qui accueille des réfugiés), "Vachement normande"  (« pour ceux qui aiment les éleveurs et les vaches », précédé d'un film sur le bien-être animal et suivi d'une dégustation), "Demain l'abeille, la dette humaine" (des apiculteurs pointent un certain nombre de problèmes), "Le chanvre à Sougéal" (la commune relance des animations autour de ce qui fut une culture traditionnelle) ou encore l'incontournable "Au nom de la terre", 

Le tout est projeté sur écran panoramique, en son Dolby digital, dans le cinéma local qui doit son existence à la ténacité de l'abbé Alphonse Simon : réalisateur du film "Mon village", une référence toujours visible à la cinémathèque de Bretagne et à Châtillon, ce prêtre a créé la salle en 1963 et organisé de multiples kermesses pour la financer, rappellent le président de l'Association culturelle du Vendelais et Bernard Hommerie, autre pilier du festival.

Des débats respectant les diverses sensibilités

Des projections sont suivies de débats, avec les réalisateurs ou des intervenants compétents pour échanger dans le respect, « la convivialité et la générosité » autour de la vie du monde rural et des agriculteurs en particulier. Et ce « tout en préservant les sensibilités », souligne Roland Berhault, car il y a « une souffrance profonde des agriculteurs. Mes collègues en prennent plein la gueule » quand certaines de leurs méthodes de travail sont mises en question. « C'est un problème de société, les consommateurs aussi sont responsables. » 

Pourtant, ces mises en causes sont celles de parents ou d'enseignants inquiets, mais aussi d'agriculteurs dont la santé a été dégradée par l'usage de pesticides. « Oui, mais les agriculteurs bios sont solidaires des collègues quand on critique la profession », affirme-t-il. Selon lui une partie du problème vient de ce que les agriculteurs « qui ont créé après la guerre des outils formidables, comme les coopératives, ont petit à petit été évincés par des non agriculteurs très bien formés sur d'autres questions. Les agriculteurs ont perdu la maitrise du jeu, l'industrie agroalimentaire et les grandes surfaces ont pris la main. »

Devant tous les défis du futur proche, comme la désertification des terres, il résume : « L'initiative Ciné campagne, c'est pour apporter notre pierre à la recherche de solutions et à la réconciliation des différentes catégories sociales. »

Thierry Boussier

Programme et infos sur le blog du cinéma Le Vendelais
Tarif normal 6 €. Tarif réduit pour jeunes et séniors.





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Le billet de la semaine

Violence d’État

Réalisant sans coup férir le vœu du Président de rendre le pays « plus humain » en 2020, trois policiers ont interpellé le 3 janvier à Paris un coursier à scooter, Cédric Chouviat, 42 ans, père de 5 enfants, et l’ont asphyxié par un plaquage ventral complété par une fracture du larynx. Mourir lors d’un contrôle routier… Les années se suivent et se ressemblent. L’année 2019 avait commencé par le coma, le 12 janvier, à Bordeaux, du Gilet Jaune Olivier Beziade, touché en pleine tête par un tir de LBD40, qui a inauguré une année répressive jamais vue dans un mouvement social. Le 21 juillet, à Nantes, les lacrymogènes des CRS ont aussi poussé Steve, 24 ans, dans la Loire. Mourir lors d’une Fête de la musique... La violence d’État ne désarme plus. Car le coupable, bien sûr, est moins le policier frappeur que les autorités qui l’arment, le couvrent, lancent leurs forces au premier attroupement, fût-il festif, pour impressionner, intimider. Quand le libéralisme autoritaire fait du citoyen ordinaire un adversaire... 

Michel Rouger
  

09/01/2020

Nono












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