Vu, Lu, Entendu...

Au théâtre : "Le Christ musulman", un drame du 10ᵉ siècle et d'aujourd'hui


24/11/2016

C'est un drame en un acte, d'une heure, qui nous plonge au cœur du grand malentendu sur l'Islam. Il a été créé jeudi 17 novembre au Théâtre du Tiroir à Laval, il serait bon qu'il circule largement, maintenant, à travers le pays.




Photo André Lemaître
Photo André Lemaître
Son auteur et unique interprète est le comédien tunisien Braïm Bourg, en France depuis dix ans, dont on peut redécouvrir le portrait mis en ligne sur Histoires Ordinaires en juin dernier à l'occasion de la création, par Jean-Luc Bansard du Théâtre du Tiroir, de la pièce d'Eschyle Les Suppliantes : Braïm Bourg est en effet le Prince dans la pièce interprétée par des réfugiés et des lavallois. 

"Le Christ musulman", co-écrit avec Alain Vignier, raconte les derniers moments de la grande figure du soufisme Mansour al Hallâj, le mystique d'origine persane crucifié à Bagdad le 27 mars 922, dont l'histoire et les textes ont été découverts par le grand islamologue Louis Massignon. 

Sur la scène, al-Hallâj répond aux voix de ses juges, au feu roulant de leurs accusations. Une controverse tragique, sans issue, entre les défenseurs implacables de l'ordre établi, et un saint qui leur parle amour et liberté, un saint qui s'est élevé dans la foi jusqu'à appartenir totalement à Dieu, à pouvoir lancer « "Ana Al Haqq" - "Je suis la Vérité" ». Blasphème ! La mort...

L'Islam des Lumières, son drame  en même temps que sa puissance, Braïm Bourg le porte avec l'énergie d'un artiste tunisien qui a payé cher sa liberté et souffre de la dérive sanglante islamiste. Ses propres textes se mêlent aux paroles d'al-Hallâj ;  sa sensibilité explose ; elle s'exprime tour à tour en français et en arabe ; par la voix et le geste, Braïm Bourg nous entraîne en Orient, dans la culture  arabo-musulmane. Un pont se crée et une porte s'ouvre sur Islam au cœur, loin de l'imposture de l'Etat Islamique.

Michel Rouger

 




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Le billet de la semaine

La Démocratie en marche

Avec 30 % de représentants du peuple en moins, notre vieille démocratie parlementaire va bénéficier d'une saignée revigorante. Une fois l'édit présidentiel entériné par les parlementaires eux-mêmes ou par référendum, ce qui ne devrait pas poser problème, une instance de concertation va être créée comme avec les syndicats de cheminots. Il ne s'agit pas de réfléchir aux nouveaux pouvoirs accordés en échange aux députés : non, ça, c'est le Président qui décide. Il faut les répartir. 577 aujourd'hui – 30% = 404. – 60 élus à la proportionnelle = 344. Quelles populations, principalement, vont perdre des représentants ? On sait que la Creuse gardera son député, logiquement la Seine-Saint-Denis va en perdre quatre... Ensuite : les ciseaux. Comment redécouper  les circonscriptions ? Il sera important d'avoir un maximum de députés En Marche. Des députés moins nombreux et marchant plus facilement au pas :  il ne faut pas que retombe le vent nouveau qui souffle depuis mercredi sur la démocratie en France, version Vᵉ République allégée.

Michel Rouger

05/04/2018

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