Le billet

A l'affiche


23/06/2016




Sur la scène politique, les dirigeants de Paris et de Londres auront offert ces temps-ci un spectacle affligeant. À Londres, pour simplement régler des comptes dans leur parti, le Premier ministre David Cameron et son  challenger Boris Johnson ont joué l'Europe au poker et fait remonter les vieux relents de nationalisme et de xénophobie. Quoi qu'il arrive désormais,  c'est une faute énorme contre l'Europe unie qui a arrêté il y a 70 ans les fleuves de sang de jadis. À Paris, le Premier ministre Manuel Valls a osé s'attaquer à une liberté fondamentale, le droit des syndicats à manifester, et l'indécis Président François Hollande a embrayé avant de se raviser sous la bronca de la gauche. Rassurons-nous : la comédie du pouvoir peut aussi faire surgir - trop rarement hélas – de grands personnages. Vivement.

Michel Rouger





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Le billet de la semaine

​L'Étranger, toujours

Comme une fatalité. Chaque élection présidentielle apporte sa méprise. Ainsi le jeune Président élu en mai 2017 a aussitôt muté en vieux politicien utilisant les ficelles les plus usées. Revoilà l'immigration. Alors qu'elle n'est pas apparue dans les priorités des Gilets Jaunes et du Grand débat national, le Président pousse le sujet, impose aux députés et sénateurs d'en débattre, empoisonne les esprits en alléguant que le droit d'asile est détourné par des réseaux. L'Étranger pris en otage, toujours. Le président pourrait rappeler les faits. Citer les chiffres réels. Démontrer la capacité d'accueil du pays des Droits de l'homme aujourd'hui parmi les mal classés de l'Union européenne. Souligner que personne ne quitte son pays sans déchirement. Que le migrant arrive exténué, martyrisé en chemin. S'appuyer surtout sur l'esprit d'accueil qui se manifeste dans toute la France. Cela ferait un beau discours politique, qui grandirait le pays  et le candidat à la Présidentielle de 2022 descendu aujourd'hui sur le terrain de l'extrême droite pour en faire son seul challenger.

Michel Rouger

07/10/2019

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