Le billet

​Un feu d'artifices


16/07/2015




Un beau 14 juillet ce fut. Militaire, bien sûr : le président du Mexique, fan de nos hélicos, était là ; pas nos acheteurs de Rafale, dommage. Populaire aussi, naturellement : c'est bon de se sentir du même pays comme disent les jeunes Français des quartiers. En réalité, le 14 juillet est devenu un feu d'artifices. La fête des illusions. Le jour de la contradiction. Toutes les vieilles nations d'Europe amusent ainsi leur peuple. Elles sortent leurs canons pour cacher leur impuissance à empêcher les banques d'écraser les Grecs ou leur Commission européenne de miner leur indépendance et leur société : le 14 juillet aussi, une enquête révélait que dans les négociations sur le Traité transatlantique de libre-échange, le fameux Tafta, la Commission consultait à 88% les grands lobbies et à 9% les groupes d'intérêt public. A quand un grand récit populaire européen contre les nouveaux maîtres et les nouvelles bastilles ? 

Michel Rouger





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On parle beaucoup des violences policières. Beaucoup trop. Et trop en mal surtout. Ainsi, aujourd’hui, dans le conflit sur la réforme du bac. Comment peut-on sous-estimer à ce point l’effet bénéfique du baston pédagogique sur les apprentis rebelles ? La crainte positive suscitée par les bataillons casqués  sur les écrans des réseaux sociaux et des chaînes – éducatives – d’info en continue ? Le 6 décembre 2018, à Mantes-la-Jolie, des dizaines de jeunes de 12 ans et plus, s’étaient retrouvés à genoux mains sur la tête entourés de policiers matraque en main. Un précédent intéressant. Ces dernières semaines, les gardes à vue de lycéens se multiplient, parfois jusqu’à 48 h, dans des locaux glauques. Ainsi peuvent-ils apprendre la vie. Il faut aller plus loin. Pourquoi ne pas déplacer par exemple les heures de colle au commissariat de quartier ? Agissons pour rétablir la chaîne de l’Autorité. Le Président, les maîtres, les pères. Tiens-toi droit à table, mon fils, ou j’appelle la police.

Michel Rouger

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