Le billet

​Souffrances


19/06/2019




En durcissant sévèrement l'accès à l'assurance-chômage, le gouvernement va précipiter dans la pauvreté des dizaines de milliers de chômeurs et réduire les revenus de tous les autres alors même que, déjà, chaque mois, la moitié des chercheurs d'emploi ne touche pas d'indemnité. Oubliés les appels venus il y a peu du fond du pays par les Gilets Jaunes ou le "grand débat national". Ce pouvoir abandonne les milieux populaires à la précarité et ses souffrances, celles-là même qui envahissent les services d'urgences des hôpitaux dont il ne parvient pas, depuis trois mois, à mesurer la détresse. Élus et militants du parti présidentiel ne peuvent-ils pas faire remonter le mal-être ? Pas facile. Leur mission est d'abord de conquérir des villes en mars prochain. Petits calculs et courses aux places les mobilisent, les médias aussi qui lisent déjà dans le marc de café les résultats : c'est d'ailleurs pourquoi la crédibilité des politiques et des journalistes souffre aussi dans le pays.

Michel Rouger

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​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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