Le billet

​Patrons en lutte


30/01/2019




Arc-boutés sur la défense de la précarité, les trois syndicats patronaux ont stoppé lundi les discussions sur l'assurance chômage. Puis ont décidé jeudi de revenir. Simple repli tactique. Ils le répètent depuis plus de deux ans : Non au malus sur les contrats courts ! Ceux-ci continuent de flamber. Les contrats de moins d’un mois représentent maintenant 83% des CDD, les contrats d'une seule journée 30 % ! Je prends, je jette, l'Assedic paiera. La crise sociale en cours amène bien des employeurs à débattre de la RSE, la Responsabilité sociétale des entreprises : les dirigeants patronaux, eux, abrités derrière leurs fenêtres des beaux quartiers, regardent passer les Gilets Jaunes dont la colère curieusement les épargne. Inflexibles sur cette flexibilité qui exploite l'individu et brise le citoyen empêché de s'engager pour le bien commun, ils fragilisent en même temps, en se montrant inaptes à la négociation, un instrument démocratique essentiel gravement affaibli aujourd'hui, celui des corps intermédiaires. Le patronat français, emmené par  le descendant de la vieille noblesse Geoffroy Roux de Bézieux, est bien le dernier adepte de la lutte des classes.

Michel Rouger

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Le billet de la semaine

​Notre-Dame de Palmyre

Nous pleurions lundi soir en voyant une part de notre histoire, de notre culture, de nous-mêmes, dévorée par le feu de l'enfer. Mais nos larmes sèchent déjà. C'était un accident, le monument a résisté, l'argent afflue vers la riche Paris. Nous reconstruirons, a dit le Président. Des grandes orgues et de milliers de poitrines jaillira, dans quelques années, un vibrant Alleluia. Douleur infime. Tellement éloignée de la douleur des Syriens, Kurdes, Irakiens, Afghans qui pleurent pour toujours la perte des Notre-Dame de Palmyre, de Mossoul, d'Alep, de Racca, de Bâmiyân : cités antiques, mosquées, églises, temples et statues... perdus à jamais non par accident mais par la haine d'une armée d'humains, leurs propres frères, fanatisés par un dieu fou. Depuis lundi soir, les Français peuvent seulement effleurer leur malheur pour, désormais, ne pas les oublier. 

Michel Rouger

 

18/04/2019

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