Le billet

​Patrons en lutte


30/01/2019




Arc-boutés sur la défense de la précarité, les trois syndicats patronaux ont stoppé lundi les discussions sur l'assurance chômage. Puis ont décidé jeudi de revenir. Simple repli tactique. Ils le répètent depuis plus de deux ans : Non au malus sur les contrats courts ! Ceux-ci continuent de flamber. Les contrats de moins d’un mois représentent maintenant 83% des CDD, les contrats d'une seule journée 30 % ! Je prends, je jette, l'Assedic paiera. La crise sociale en cours amène bien des employeurs à débattre de la RSE, la Responsabilité sociétale des entreprises : les dirigeants patronaux, eux, abrités derrière leurs fenêtres des beaux quartiers, regardent passer les Gilets Jaunes dont la colère curieusement les épargne. Inflexibles sur cette flexibilité qui exploite l'individu et brise le citoyen empêché de s'engager pour le bien commun, ils fragilisent en même temps, en se montrant inaptes à la négociation, un instrument démocratique essentiel gravement affaibli aujourd'hui, celui des corps intermédiaires. Le patronat français, emmené par  le descendant de la vieille noblesse Geoffroy Roux de Bézieux, est bien le dernier adepte de la lutte des classes.

Michel Rouger

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Lundi, c'était 360 tonnes d'escalopes de poulets gorgés d'eau. Avant l'été, 780 tonnes de faux steaks hachés enrichis d'amygdales, cœurs, cartilage, soja, amidon... Les extras proposés depuis un an aux cinq millions de bénéficiaires en France de l'aide alimentaire estomaquent. Le service européen qui paye ces cochonneries, le Fonds d'aide aux plus démunis, n'a cure des fraudeurs comme des pauvres. L'organisme FranceAgriMer qui fournit les associations manque de moyens de contrôle. Ainsi, l'industriel polonais peut aussi importer ses carcasses de viande du Brésil sans que personne ne mette son grain de sel. Les maîtres queux de Bruxelles sont-ils prêts à planter leurs fourchettes dans ce fricot– sain, disent les autorités – pour afficher leur confiance dans le CETA et le Mercosur, ces juteux accords de libre-échange ? Qui font si bien voyager bœufs et poulets sur l'Atlantique qu'on en perd la trace ? Mieux vaut opter pour le circuit court, le local.  Et ça vaut aussi pour l'assiette des pauvres.

Michel Rouger

12/09/2019

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