Le billet

​Patrons en lutte


30/01/2019




Arc-boutés sur la défense de la précarité, les trois syndicats patronaux ont stoppé lundi les discussions sur l'assurance chômage. Puis ont décidé jeudi de revenir. Simple repli tactique. Ils le répètent depuis plus de deux ans : Non au malus sur les contrats courts ! Ceux-ci continuent de flamber. Les contrats de moins d’un mois représentent maintenant 83% des CDD, les contrats d'une seule journée 30 % ! Je prends, je jette, l'Assedic paiera. La crise sociale en cours amène bien des employeurs à débattre de la RSE, la Responsabilité sociétale des entreprises : les dirigeants patronaux, eux, abrités derrière leurs fenêtres des beaux quartiers, regardent passer les Gilets Jaunes dont la colère curieusement les épargne. Inflexibles sur cette flexibilité qui exploite l'individu et brise le citoyen empêché de s'engager pour le bien commun, ils fragilisent en même temps, en se montrant inaptes à la négociation, un instrument démocratique essentiel gravement affaibli aujourd'hui, celui des corps intermédiaires. Le patronat français, emmené par  le descendant de la vieille noblesse Geoffroy Roux de Bézieux, est bien le dernier adepte de la lutte des classes.

Michel Rouger

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Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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