Le billet

​Notre carte


21/11/2019




L'autre mardi, dans un grand élan républicain, des députés ont cherché à supprimer notre carte d'électeur. Pas nécessaire. A jeter. Heureusement, le gouvernement pour l'instant, s'y oppose. Les députés ont dû aller reprendre dans leur poubelle le petit carton qui symbolise le long combat pour le droit de vote, dans le sang parfois, ici, partout. Qui rappelle, quand tant de citoyens boudent les urnes, que "Voter est un droit, c'est aussi un devoir civique". S'ils veulent faire des économies, les députés en trouveront bien davantage en rabotant le budget des distinctions honorifiques déshonorées par trop de copains, gredins ou dictateurs. Et puis, s'attaquer à notre carte d'électeur à quatre mois des municipales, franchement, ils ont perdu la carte ou quoi, comme aurait dit ma grand-mère qui a attendu d'avoir 50 ans pour pouvoir voter. 

Michel Rouger

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Le billet de la semaine

L'oiseau

Dans sa cage, l’homme regarde l’oiseau. Et l’oiseau regarde l’homme. Soudain, l’oiseau s’envole. Il file vers la plage, se pose à un mètre d’un CRS qui contemple la mer, guette un confiné évadé ou songe aux Gilets Jaunes qu’il blessait l’an dernier. L’oiseau reprend son vol. Il voit l’agitation aux portes de l’hôpital, une soignante adossée au mur, épuisée, accablée. Aperçoit dans les rues vides un livreur, des éboueurs, une caissière derrière une vitre, un petit peuple qui assure la survie. Il survole des cages avec de grands jardins et d’autres empilées, entassées. Curieux humains qui s’accommodent des inégalités et font preuve de solidarités. Puis il croise d’autres oiseaux. Ils chantent de nouveau dans la ville. Une femme à son balcon les observe et sourit, protectrice. L’oiseau revient. Il retrouve l’homme dans sa cage. « Alors ? », demande l’homme. « Il faut tout changer », répond l’oiseau. L’homme se lève enfin : «  Oui, on va tout changer. »

Michel Rouger

26/03/2020

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