Le billet

02/11/2017

​Le beurre



La crise du beurre, nous dit-on, mollit. Passé le Nouvel An, elle aura disparu. Provisoirement sans doute. Ce n'est pas que l'on manque de matière première : une rivière de lait coule des mamelles de nos vaches pâturant paisiblement dans nos vertes prairies ou bouffant leurs granulés bovinement dans nos vastes étables. Mais le problème c'est après. Le beurre et l'argent du beurre. Bataille de géants entre ceux qui fabriquent et ceux qui vendent. Tant pis si le Français de base tartine maigrement, le beurre est d'or, il se vend en lingots au-delà des frontières. Et qui saurait s'y opposer ? Faire son beurre est devenu l'horizon à atteindre. Notre nouveau Président en fait même une priorité nationale. Il est heureux que le beurre soit ainsi revenu en grâce et pas seulement pour la gloire des Bretons. On s'était pris à le dédaigner parce que trop riche. Un non sens vraiment. 

Michel Rouger

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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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26/11/2020

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