Le billet

​Le Peuple


24/10/2019




Ô Peuple, où es-tu, que veux-tu ? En Grande-Bretagne comme en Catalogne, le peuple apparaît aujourd'hui déstabilisé, déchiré. Les référendums de 2016 et 2017 sont devenus des machines infernales lancées contre le peuple lui-même. Tout cela n'était que mythes et illusions. A une époque où les problèmes complexes et les identités plurielles exigent dialogue, délibération, négociation, les apprentis sorciers de ces appels au peuple continuent pourtant d'agiter, tel un chiffre sacré, un résultat biaisé. Si tous ceux qui ne votent pas appartiennent bien au peuple, des pauvres qui se sentent exclus de la société aux jeunes dépolitisés, plus de 60 % en effet des Britanniques et des Catalans n'ont voté ni Brexit ni  indépendance. Mais au bord du précipice, avançons ! Mardi, à Mayotte, le Président a pu aprécier aussi le franc succès du référendum de la France coloniale qui a coupé l'île de la communauté comorienne en 1974. En ce moment, un autre référendum se profile sur la privatisation des Aéroports de Paris. Lui est pertinent mais les Français eux-mêmes sont en train de le faire capoter. Faites confiance au peuple... 

Michel Rouger

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Le billet de la semaine

Colère, sans masque

Je ne sais pas pour vous mais, ici, le virus de la colère a fini par franchir la barrière. Cette pénurie et cette quête obsédantes de masques, de tests, de lits, de respirateurs  et bientôt de médicaments révoltent. Car il y a dix ans, on les avait les masques ! En stock et fabriqués sur place. Holà, gabegie, on dit les gouvernements. Et des Français aujourd’hui meurent par centaines. Le monde entier n’a pas encore engendré des dirigeants et organisations à la hauteur des enjeux vitaux du XXIe siècle mais la démocratie française est particulièrement malade. Depuis dix ans, à s’occuper et décider de tout, jusqu’aux arrière-cuisines, nos trois petits monarques républicains Sarkozy, Hollande et Macron, ont été bien incapables de voir loin. D’avoir une vision. D’anticiper les dangers pourtant annoncés. En revanche, servir au jour le jour la minorité possédante, oui. Et aujourd’hui, plutôt que de rétablir l’impôt sur la fortune au nom de la solidarité, un ministre du Budget organise un appel aux dons, des sous m’sieudames pour nos entreprises, sans même porter un masque de carnaval.

Michel Rouger

02/04/2020

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