Le billet

​La trêve


30/10/2019




A partir de ce vendredi, les expulsions de locataires sont suspendues. La trêve des temps froids. Quatre mois sans huissiers, gendarmes ou policiers frappant soudain à la porte. Quatre mois sans la honte, sans les pleurs des gamins, sans la terreur de la nuit qui vient. 36 000 hommes, femmes et enfants ont vécu ça l'an dernier. Un nouveau record, s'indigne la Fondation Abbé Pierre. Et en fait "deux ou trois fois plus ", ajoute-t-elle, beaucoup d'expulsés partant avant l'arrivée des forces de l'ordre. En cause, les loyers exorbitants et la précarité. Les propriétaires petits et gros s'enrichissent en dormant sur les cauchemars des familles de travailleurs paupérisés. Au gouvernement, où l'on n'a pas le temps d'aller découvrir l'héroïsme tragique de Ricky et Abby, le livreur ubérisé et l'aide-soignante du dernier film de Ken Loach, pas de trève pour le harcèlement social : l'assurance chômage est sévèrement durcie à partir aussi de ce vendredi. Pour payer leur loyer, qu'ils bossent ! Et s'ils bossent déjà, qu'ils bossent plus ! Rendez-vous l'an prochain pour un nouveau record d'expulsions. 

Michel Rouger

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​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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