Le billet

​La chienne de la crèche


18/12/2014




Dans la crèche de Noël, on oublie trop la chienne et les moutons, figures essentielles d'un conte de Noël moderne. Derrière les sapins, elle nous guette. Nous renifle. Nous court après. Aboie. Et nous ramène dans les rayons. Les rayons chiens, justement. Le cadeau de Noël pour chien, une niche porteuse, a dit le marchand. Nos toutous à nous, c'est tout nous, non ? Pour 70 €, le fan de high-tech peut ainsi accrocher une mini-caméra sous le harnais de son Shih Tzu pour le voir gratter, explorer le caniveau, lever la patte. Lever la patte sur le SDF. Sur l'innocence. Les rêves d'enfants. Les enfants du Pakistan. Et de partout. Privés de cadeau, pourris de cadeaux. Joyeuses fêtes à tous. Et n'oublions pas les saintes écritures : « Pour passer un bon Noël, gardons la pub en laisse. »

Michel Rouger





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La bonne éducation

On parle beaucoup des violences policières. Beaucoup trop. Et trop en mal surtout. Ainsi, aujourd’hui, dans le conflit sur la réforme du bac. Comment peut-on sous-estimer à ce point l’effet bénéfique du baston pédagogique sur les apprentis rebelles ? La crainte positive suscitée par les bataillons casqués  sur les écrans des réseaux sociaux et des chaînes – éducatives – d’info en continue ? Le 6 décembre 2018, à Mantes-la-Jolie, des dizaines de jeunes de 12 ans et plus, s’étaient retrouvés à genoux mains sur la tête entourés de policiers matraque en main. Un précédent intéressant. Ces dernières semaines, les gardes à vue de lycéens se multiplient, parfois jusqu’à 48 h, dans des locaux glauques. Ainsi peuvent-ils apprendre la vie. Il faut aller plus loin. Pourquoi ne pas déplacer par exemple les heures de colle au commissariat de quartier ? Agissons pour rétablir la chaîne de l’Autorité. Le Président, les maîtres, les pères. Tiens-toi droit à table, mon fils, ou j’appelle la police.

Michel Rouger

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