Le billet

28/09/2017

​Du Bâtiment



Rénover une maison, c'est tout un poème. Complainte du temps qui passe, des relais qui ne passent pas, des surprises qui tracassent. Mais poème aussi du rêve qui apparaît, du travail qui se fait. Le travail surtout. Impressionnants maçons, plombiers, menuisiers, électriciens, plaquistes, peintres... à la technique assurée, prompts à contourner l'obstacle, à suggérer des idées. Des gars - des femmes aussi - du bâtiment. Des hommes de l'art aimant le bel ouvrage malgré la rudesse du métier. Vous vient alors soudain l'envie de talocher les sots en complets-vestons qui dédaignent le travail manuel, les donneurs d'ordres et de leçons qui mettent la pression, les puissants qui rabotent les droits sociaux. Et finalement tous les sagouins qui s'évertuent, plutôt que de la rénover, à dégrader la maison commune.

Michel Rouger

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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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