Le billet

​Coup de tampon


23/07/2015




Un beau jour de l'an 2013, le souverain français François dit  : désormais, le silence de l'administration vaudra accord. Le peuple salua ce silence libérateur et les commis de l'État attaquèrent dare-dare l'examen des 3 600 formalités de notre patrimoine administratif national. Cependant, un stress irrépressible les laissèrent en arrêt devant les arrêtés. S'auto-trancher la main qui tranche, paraphe, atteste, tamponne, qui eût pu ?  Ils mirent des sauf si, des sauf que, des hormis, maintinrent le radical Silence vaut refus. Au total érigèrent « 2 400 exceptions », devaient rapporter à l'été 2015 les sénateurs Sueur et Portelli. L'exception était devenue la règle. Et le resta. Questions, réclamations, convocations demeurèrent donc. Les années passant, les occasions de dialogue étant devenues si rares et l'État si distant, on finit même par ne plus détester les rendez-vous avec les fonctionnaires. Certains songeaient même à faire inscrire ces rencontres au patrimoine immatériel de l'humanité.

Michel Rouger





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La bêtise d’un médiocre candidat à la mairie de Paris, piégé comme un adolescent par les réseaux sociaux, a occulté tous les malheurs du monde pendant quelques jours. Les écrans font écran plus que jamais à l’essentiel suivant les mœurs américaines où les frasques sexuelles d’un président fait davantage scandale que la plus horrible des guerres. Pour autant, jusqu'où va le droit à la vie privée ? Faut-il laisser nos modernes barons et baronnes en juger eux-mêmes en n’ouvrant leurs paravents pudiques que pour poser avec conjoint et enfants sur Paris Match ? Regretter le temps où un Président pouvait entretenir maîtresse et enfant des années durant aux frais de la République ? La transparence sur la vie privée a aussi du bon et il est heureux qu’elle progresse. Qu’elle envoie lundi devant la Justice un leader politique et son épouse qui, derrière le même paravent, faisaient de l’argent public une rente juteuse.

Michel Rouger 

20/02/2020

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