Le billet

23/04/2015

​Cimetière



800 disparus le 19 avril, 500 juste avant... C'est le printemps de la mort en Méditerranée. La tragédie n'a jamais été aussi effroyable. Et pourtant, les migrants n'ont jamais été aussi nombreux à oser la défier : ils devraient être un demi-million, estime-t-on, cette année, à tenter le passage.  La Méditerranée est un cimetière d'hommes, de femmes et d'enfants. C'est le cimetière aussi des prétentions de l'Occident à rester le gendarme du monde.  Le cimetière des illusions de l'Europe forteresse qui croit se protéger par des barbelés et des murs électroniques. C'est le cimetière des certitudes d'une Europe prétendument humaniste qui a laissé l'Italie seule face à ses naufragés. Qui a condamné des milliers d'innocents à la mort faute de stratégie humanitaire. Qui a abandonné les pays submergés par l'afflux des déplacés, elle qui n'accueille que 10% des réfugiés du monde.

Michel Rouger



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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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