Le billet

​Ça sent, non ?


06/08/2015




Y'a quelque chose qui sent mauvais, vous ne trouvez pas ? Une odeur d'égouts, peut-être, par temps de canicule. Ou plutôt de fumier, de lisier. Oui, c'est ça : l'odeur qui nous a pris au nez à l'hypermarché. L'odeur du conflit paysan. Elle alourdit les relents entêtants du malaise rural qui attise les effluves électorales du Front National. Elle se mêle à l'humeur droitière qui gagne des Français accrochés comme la glaise à leurs racines rurales. « La terre, elle, ne ment pas », comme disait Pétain. Si, elle ment. Elle a toujours menti. Et aujourd'hui plus que jamais. Elle produit et vend, gavée d'artifices. Derrière ses tracteurs énormes, ses slogans et ses banderoles, le principal syndicat agricole gère le système qui tue les exploitations par milliers depuis des décennies. Derrière les victimes, cet été encore, se cachent les profiteurs. Sur toutes les crises agricoles, flotte une sale odeur de manipulation. 

Michel Rouger






1.Posté par bigot gigi le 09/08/2015 16:24
On voudrait en savoir plus à partir de ce billet laconique... Grâce au portrait d'un paysan "ordinaire" ? Ce serait super !

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Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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