Le billet

​A la noix


08/02/2018




Le camembert vegan à base de noix de cajou débarque sur nos tables, annonce mon journal. Dit comme ça, à la louche, ce camembert est plus que louche. Une faute. De goût. Pire : contre l'esprit. Ce n'est pas une nouvelle mode, comme la poule qui passera bientôt au salon plutôt qu'à la casserole. C'est une tendance lourde. La tendance du faux. Le business de l'agro-chimie s'avance masqué. Il fait croire qu'une pâte de produit exotique HEC (à haute empreinte carbone) est meilleure pour la planète  qu'un fromage AOC en circuit court. Il fabricote, en touillant des molécules, du faux steak saignant, des faux œufs, des fausses langoustines. Et pirate, en transformant les cerveaux en pâte molle, notre patrimoine culturel immatériel. Le pays aux 1 200 fromages doit résister. Continuer à têter sereinement le lait bio de notre vache à la mamelle généreuse qui broute et rumine paisiblement sur nos vertes prairies. La vache, le plus vegan de nos amis les animaux. 

Michel Rouger

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La Ghouta orientale. « L'enfer sur terre », dit Antonio Guterres, le secrétaire général de l'Onu. « Un autre Srebenica », alerte The Guardian, le quotidien britannque. Un carnage. Mais il a lieu en Syrie et comme en Bosnie hier, comme en Afghanistan, en Somalie, au Kivu ou au Yemen aujourd'hui, plus ça dure, plus c'est dur d'assister continûment au massacre des enfants et au renoncement des puissances. Alors l'envie vient de singer les singes de la sagesse. Rien voir, rien entendre, rien dire. Fuir. Oublier les guerres, les injustices, les périls. Consommer, communiquer, courir les émotions factices du siècle. Étouffer la voix intérieure. Mais cette voix reste là, constante, ardente. Non. Car il n'y a pas de bonheur sans elle. Et pas de liberté, d'humanité, sans s'indigner. Toujours.

Michel Rouger

22/02/2018

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