Vu, Lu, Entendu...

29/11/2019

​"Un silence toxique" : une lanceuse d'alerte contre la bureaucratie



​"Un silence toxique" : une lanceuse d'alerte contre la bureaucratie
​"Un silence toxique" (Seuil) d'Emmanuelle Amar est un bel essai traitant des "bébés sans bras" et du combat de Remera, pour Registre des malformations en Rhône-Alpes, contre Santé Publique France (SPF).  Voilà près de dix ans qu’elle Emmanuelle Amar, épidémiologiste en charge de la surveillance en Rhône-Alpes, alerte les autorités. Comme elle l'écrit, "lorsqu'il n'y a pas de registre, il n'existe pas de moyen fiable de dénombrer les malformations."

Le propos d'E. Amar est terrible, sans appel, démontrant une fois de plus l'opposition centrale entre sciences et bureaucratie. Quantité de médecins, de chercheurs,  d'épidémiologistes, de généticiens et de statisticiens pensent comme E. Amar que le hasard ne saurait être seul responsable. Mais la bureaucratie tient le pouvoir.

Un silence toxique, d'Emmanuelle Amar, Editions du Seuil, 272 pages, 18.00 € 
 
vocal_003_1.mp3 Vocal 003.mp3  (541.45 Ko)




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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

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