Vu, Lu, Entendu...

28/03/2019

Une belle soirée autour de Gildas Trévetin


Les Éditions Histoires Ordinaires, avec le concours de l'association Place des Rencontres, ont animé jeudi 21 mars une soirée de lancement du livre manifeste de Gildas Trévetin "Si vous ne m'avez pas compris... faites-moi répéter" dans le cadre de la médiathèque de Lanester (56). Voici quelques extraits de ce moment convivial et sensible qui réunissait une cinquantaine d'amis de Gildas et Marie Claude et des habitants de son quartier.


2019_03_28_une_soiree_autour_de_gildas_trevetin_2_1.mp3 2019 03 28 Une soirée autour de Gildas Trévetin 2.mp3  (8.03 Mo)


Captation de quelques moments forts de la soirée.
 
Une version plus complète de la soirée est
à visionner directement sur notre chaîne Youtube

Un moment d'émotion entre Gildas et "Jacotte", la fille de madame Gétain l'institutrice qui découvrit que Gildas pouvait apprendre à lire... Jacqueline Gétain, Alain Jaunault, Marie-Claude Gaillard et Gildas Trévetin.
Un moment d'émotion entre Gildas et "Jacotte", la fille de madame Gétain l'institutrice qui découvrit que Gildas pouvait apprendre à lire... Jacqueline Gétain, Alain Jaunault, Marie-Claude Gaillard et Gildas Trévetin.

Message de Marie-Anne Divet, responsable des Éditions Histoires ordinaires, à Gildas et Marie-Claude


Marie-Anne ne pouvait être présente à la soirée. Elle a adressé ce message à Gildas et Marie-Claude.
Marie-Anne ne pouvait être présente à la soirée. Elle a adressé ce message à Gildas et Marie-Claude.
Le livre de Gidas Trévetin a tout d'une biographie ou d'une histoire de vie. Et c'est vrai, parce que c'est de lui et de Marie-Claude, sa compagne, dont il parle. Quand la proposition a été faite à Histoires Ordinaires de publier « Si vous ne m'avez pas compris...faites-moi répéter ! », je l'ai lu et cela m'a sauté aux yeux. Ce n'était pas une autobiographie mais bel et bien un livre d'histoire que j'avais entre les mains, avec l'intuition que des livres qui retracent les luttes pour les droits des personnes en situation de handicap par quelqu'un qui les a vécues, ils ne devaient pas y en avoir beaucoup.

Mes recherches sur Internet l'ont confirmé. On y lit, par exemple, que le domaine des luttes politiques pour les droits des personnes handicapées au XXe siècle reste encore largement inexploré. Les rares études existantes portent sur de courtes périodes, généralement postérieures aux années 1970, et sur des espaces géographiques restreints. Au Canada ou dans les pays du nord de l'Europe émerge dans les années 70 la volonté de créer des groupes militants. Ils mettent en place un front de défense qu'ils ne veulent plus chapeauté par un parent ou un professionnel, mais par les personnes en situation de handicap elles-mêmes, ce n'est pas le cas en France.

Ce n'est pas tout à fait vrai, car il y a un irréductible breton qui revendique dans ces années-là... un breton qui déjà jette sur le papier ses luttes pour le respect des droits. Il est coriace, le bougre et ne déroge pas d'un iota de ses convictions. En plus, il rencontre son double féminin Marie-Claude et à eux deux, ils font la paire ! Le livre publié aujourd'hui est franc et direct et nous les suivons pas à pas, à la recherche de leur identité, pas celle que leur alloue la société mais celle qu'ils se forgent pour eux, à la force de leurs convictions. Gildas et Marie-Claude sont transformé.e.s par leurs combats tout comme ils nous transforment. Ils ne sont ni victimes ni héros, ils ne suscitent ni compassion ni admiration, ils sont eux-mêmes et nous ouvrent les portes d'une autre connaissance des personnes en situation de handicap.

Ce livre est un livre rare et utile car il servira de référence aux chercheurs, il aidera les travailleurs sociaux à comprendre différemment leur métier et il pourra aider les partis politiques, les syndicats et les associations à écouter leurs revendications et leurs propositions. Il est surtout pour nous aujourd'hui, un outil relationnel. Je m'explique : tout est dans le titre. « Si vous ne m'avez pas compris... faites-moi répéter ! » Gildas, le jour où tu m'as dit de ne pas hésiter à te faire répéter si je ne comprenais pas, j'ai pigé que le plus important c'était d'entrer en relation avec toi et d'en trouver la voie. J'ai bien appris l'anglais alors pourquoi ne pas apprendre la langue de Gildas ? Finalement, faire ce travail de relation, c'est une bonne méthode pour prendre le temps d'apprendre à pratiquer concrètement l'égalité. 

Toujours en faisant mes recherches sur internet, j'ai découvert le site du Collectif Lutte et Handicap pour l'Egalité et l'Emancipation. J'ai eu l'impression de lire le livre. Leur manifeste appelle à la lutte pour la désinstitutionnalisation, la défense de la vie autonome, la lutte contre le validisme, les discriminations et l'handiphobie, la promotion de représentations justes d'eux-mêmes, l'inscription de leur combat dans l'ensemble des luttes d'émancipation, la dénonciation du rôle des associations gestionnaires et le caractère politique de leur lutte. 

Ils écrivent :« Force est, en effet, de constater qu’aucune organisation politique, y compris à gauche, ne s’est montrée jusqu’ici capable de se départir d’une vision humanitaire, compassionnelle, voire caritative du handicap, pour l’envisager comme un sujet politique et social à part entière, et élaborer des propositions à la hauteur des enjeux en présence. » 
N'avez-vous pas l'impression de lire du Gildas Trévetin ?

La relève est assurée, Gildas et Marie-Claude. Par eux, et par nous aussi, grâce à vous. On peut regarder les humains avec leurs ressemblances et leurs différences. Quelque chose qu'on ne fait pas souvent, c'est de regarder les ressemblances, c'est-à-dire ce que nous avons en commun. Ce qui fait notre force à tous et toutes, ce soir, c'est notre énergie à vaincre les obstacles à l'égalité. Ton livre, votre livre va devenir le nôtre pour y être encore plus engagé.e.s.




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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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