Le billet

Sous les drapeaux


26/11/2015




C'est reparti. Anéantir des bandes d'assassins fanatisés ne suffit pas. C'est la Guerre. Le mot magique. La drogue des gouvernants, le régal des nationalistes, qui mystifie les peuples, réduit les libertés, paralyse la réflexion. Après cette guerre insolite, sans trêve ni armistice, quels lendemains sont prévus ? Les exclusions, les humiliations ont engendré des terroristes : écrase-t-on un problème de société, local et global, sous les bombes ? Voilà les Français rappelés sous les drapeaux mais est-ce le vrai bleu-blanc-rouge de la réconciliation républicaine ou celui des perpétuels va-t-en-guerre, aujourd'hui lepénistes et sarkozystes ? Dans le grand combat intérieur, qui va profiter de la réthorique guerrière ? « Vous n'aurez pas ma haine », a dit Antoine à ceux qui ont tué son épouse au Bataclan. Mais qu'entend-on mugir ces jours-ci dans la campagne électorale ? Alors que la République pleure encore, d'autres larmes pourraient couler en voyant certains sauter de joie le 6 décembre.

Michel Rouger






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Le billet de la semaine

L'oiseau

Dans sa cage, l’homme regarde l’oiseau. Et l’oiseau regarde l’homme. Soudain, l’oiseau s’envole. Il file vers la plage, se pose à un mètre d’un CRS qui contemple la mer, guette un confiné évadé ou songe aux Gilets Jaunes qu’il blessait l’an dernier. L’oiseau reprend son vol. Il voit l’agitation aux portes de l’hôpital, une soignante adossée au mur, épuisée, accablée. Aperçoit dans les rues vides un livreur, des éboueurs, une caissière derrière une vitre, un petit peuple qui assure la survie. Il survole des cages avec de grands jardins et d’autres empilées, entassées. Curieux humains qui s’accommodent des inégalités et font preuve de solidarités. Puis il croise d’autres oiseaux. Ils chantent de nouveau dans la ville. Une femme à son balcon les observe et sourit, protectrice. L’oiseau revient. Il retrouve l’homme dans sa cage. « Alors ? », demande l’homme. « Il faut tout changer », répond l’oiseau. L’homme se lève enfin : «  Oui, on va tout changer. »

Michel Rouger

26/03/2020

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