Quartiers

24/02/2012

Le vrai visage de la Villeneuve à Grenoble


En juillet 2010, à la suite de violences survenues dans le quartier de La Villeneuve, Nicolas Sarkozy prononçait son dévastateur discours de Grenoble. Des étudiants en journalisme sont alors partis enquêter longuement sur La Villeneuve. Il en est sorti ce webdossier réalisé au plus près de la population, loin des fantasmes.


Pour accéder au webdossier, cliquez sur la photo
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Dans la nuit du 15 juillet 2010, la police - en état de légitime défense selon la BAC, la brigade anti-criminalité - abattait Karim Boudouda au pied des tours du quartier de la Villeneuve à Grenoble. L'évènement déclenchait trois jours de violences hypermédiatisées et l’intervention de 300 CRS (Compagnies républicaines de sécurité). Le 30, Nicolas Sarkozy prononçait son célèbre discours de Grenoble, tout en se défendant de vouloir stigmatiser le quartier.
 
C’est dans ce contexte que le webdossier Villeneuve 5 sur 5, réalisé par des étudiants de l’Ecole de journalisme de Grenoble (Master II), a vu le jour.  L’occasion était idéale pour réaliser une enquête de longue haleine, une sorte de contre-point aux reportages parfois sensationnalistes réalisés pendant l’été. L'équipe de Villeneuve 5 sur 5 disposait de temps, de matériel... et d’un regard neuf.

Jadis, un parfum d'utopie

Sorti de terre au début des années 70, le quartier de la Villeneuve a d’abord suscité l’engouement. Son architecture étrangement concentrique, tournée vers un immense parc de 20 hectares, dégageait un doux parfum d’utopie. Le prix abordable des logements et la richesse des équipements ont attiré une population jeune et dynamique, dans un contexte économique favorable, celui des Trente Glorieuses.

Aujourd’hui, la Villeneuve, 12 000 habitants, souffre d’une mauvaise réputation. Le quartier est même devenu synonyme d’insécurité, de délinquance et de trafics en tous genres. Alors que le tramway le relie directement à la gare depuis 1987, nombre de Grenoblois n’y mettent jamais les pieds, en dépit de sa proximité avec la très fréquentée galerie commerçante de Grand’place.

Plusieurs mois sur le terrain

L'équipe de Villeneuve 5 sur 5 a décidé de s’immerger plusieurs mois à la Villeneuve, de rencontrer les structures locales, puis des habitants. Sans angle pré-établi, il s’agissait de comprendre le fonctionnement du quartier, son histoire, ses réussites, ses tensions, etc. Il était tentant d’essayer de redorer l’image de la cité utopique, mais ç’aurait été tomber dans l’angélisme. Pas question d’ignorer les question de sécurité et de mixité sociale.

Finalement, la Villeneuve est évidemment trop complexe pour être résumée en une unique formule. Sans viser l’exhaustivité, le webdossier Villeneuve 5 sur 5 essaye, au travers d’une vingtaine de reportages multimédia (texte, photo, son, vidéo), de dresser un portrait assez fidèle, dans le respect de ses habitants. Parce que Grenoble, ce n’est pas que des voitures qui brûlent et des dealers de cannabis...

Arthur Bayon

- Villeneuve 5 sur 5  a été publié sur le site du Monde et a reçu le prix de l’innovation en journalisme Science Po / Google 2011.
 
 



 




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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

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