L'invité du mois

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits

Une interview de Jean-Pierre Cazes (Emmaüs France)


16/04/2015

Où en sont aujourd’hui les compagnons et compagnes d’Emmaüs, soixante-six ans après la création du mouvement, en 1949, par l’abbé Pierre? Bien que bénéficiant du statut original de « travailleurs solidaires » qui leur donne une vraie place dans la société, il leur reste bien du chemin à parcourir avant d’accéder comme tout citoyen à l’ensemble des droits. Rencontre avec Jean-Pierre Cazes, vice-président d’Emmaüs France au titre de la branche communautaire.




Cette interview mensuelle est réalisée en lien avec le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, le CNLE  . Retrouvez ci-dessous, après l'article, les thèmes sur l'exclusion analysés par nos précédents invités.

Jean-Pierre Cazes, diplômé d'économie et curieux de sociologie, qui a exercé différents métiers dans la gestion avant de se diriger vers la production de spectacles. Pendant six ans, il a été président de la communauté Emmaüs de Chambéry, fondée par le Père Eugène, un proche de l’abbé Pierre
Jean-Pierre Cazes, diplômé d'économie et curieux de sociologie, qui a exercé différents métiers dans la gestion avant de se diriger vers la production de spectacles. Pendant six ans, il a été président de la communauté Emmaüs de Chambéry, fondée par le Père Eugène, un proche de l’abbé Pierre
Présentez-nous le mouvement Emmaüs aujourd’hui ?

L’histoire fait que ce sont d’abord les 117 communautés Emmaüs. Elles ont été initiées par l’abbé Pierre pour accueillir, de façon inconditionnelle, des personnes exclues qui cherchent un lieu où vivre, travailler, se reconstruire, regagner leur autonomie. Ces personnes accueillies sont nommées « compagnes et compagnons d’Emmaüs ». Mais le mouvement rassemble aussi 80 entreprises d’insertion, des Comités d’Amis, Emmaüs Habitat (construction et gestion de logements sociaux) et 50 SOS familles Emmaüs, des associations qui apportent une aide aux familles en difficulté momentanée en leur fournissant une avance sans intérêt et sans frais, sous conditions de ressources. C’est enfin la Fondation abbé Pierre qui s’est fixée pour objectif d'agir « pour que les plus défavorisés trouvent à se loger dignement et durablement, quels que soient le montant de leurs ressources et leur situation sociale ».

Aujourd'hui, le Mouvement Emmaüs rassemble en France quelque 18 000 personnes, 4 500 compagnons, 5 000 salariés, 9 000 amis et bénévoles. Mais le mouvement est aussi international. Créé en 1971, il rassemble 350 groupes, membres d'Emmaüs International, organisés en quatre régions : Europe, Afrique, Amériques et Asie. Il faut préciser que, bien qu'inspiré et fondé par un prêtre chrétien, le mouvement Emmaüs se veut totalement laïque et neutre sur les plans politique, spirituel et religieux. Il est ouvert à toutes les nationalités, les origines ethniques, sans juger les convictions de ceux à qui il porte assistance.

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Le but, défendu par le fondateur, a-t-il évolué ?

Il est toujours resté le même. Une communauté s’adresse aux plus démunis, elle a pour but d'accueillir qui en a besoin et ça n'est pas un slogan ! Quels que soient son parcours, sa nationalité, sa confession, toute personne qui frappe à la porte d’une communauté Emmaüs bénéficie d’un accueil inconditionnel, sans limite de temps. On ne demande à personne qui il est, ni d'où il vient… Nous ne posons quelques questions que lorsque la personne décide de rester. Dans ce cas, en contrepartie de la chambre, des repas et de tout l’accompagnement qu’elle va trouver au sein de la communauté, nous lui demandons de participer aux activités de la communauté, selon ses capacités. Non pour « travailler » au sens classique, mais d’abord pour participer.

Il n’est pas question de subordination, d’objectifs de production : toutes les activités sont organisées en fonction des capacités des personnes, et le plus souvent possible avec elles. Pour beaucoup, être simplement occupé est déjà quelque chose qui va changer leur vie ! Par cette participation aux activités, la personne découvre ou redécouvre qu’elle est importante, utile dans le collectif, qu’elle peut exister avec les autres. Il s’agit de permettre de retrouver la dignité, par l’exercice d’une activité utile, solidaire et tournée vers les autres, que chacun exerce selon ses capacités.

De quelles ressources disposent les communautés ?

Nous tenons par-dessous tout à notre indépendance économique. Une communauté vit grâce au produit de la vente généré par ses activités. Cela fait partie de nos fondements : participer aux activités, c'est donc contribuer aux ressources de la communauté et c’est apporter à la communauté qui vous accueille les moyens de vous accueillir. Par là-même, un compagnon n’est pas un « bénéficiaire », comme on dit ailleurs, paradoxalement, c’est plutôt un contributeur. Ainsi une personne qui décide de partir, ne doit rien à la communauté. C'est l’originalité des Communautés Emmaüs, et c’est à cela que nous tenons.

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Comment sont accompagnées les 117 communautés ?

Par la Branche communautaire, une des quatre composante de la fédération Emmaüs France, et son comité, l'équivalent d'un conseil d'administration. Composé essentiellement d’élus des communautés, compagnes et compagnons, bénévoles, responsables de communauté, il est en charge de la veille, du bon fonctionnement des communautés, de la coordination et de l'animation. Puis par une équipe de salariés. Emmaüs France dispose d’une équipe de 63 personnes au total, certaines sont spécialisées dans l’accompagnement des Communautés, et d’autres interviennent dans les Communautés à partir de spécialités, telles que l'aide à l'analyse financière, à l'informatique… Au niveau national, le Mouvement réalise régulièrement des visites sur place et divers audits, et produit nombre d'outils d'aide aux meilleures pratiques, à l’hygiène, à la sécurité et la prévention des risques, au bon aménagement des magasins… 

Quelles actions avez-vous menées ces dernières années ?

Pour proposer un habitat véritablement digne, et donc rénover les lieux d’habitation qui devaient l’être, la fondation abbé Pierre et Emmaüs France ont mis en place, il y a trois ans, un programme appelé Programme Habitat des Compagnons, financé par un fonds commun de 11 millions d'euros. Nous avons amélioré ou construit 964 logements. Nous sommes actuellement en train de définir le programme qui prendra la suite. Par ailleurs, comme nous cherchons en permanence avec les personnes les solutions qui leur sont nécessaires, cela nous amène à développer de nouvelles activités solidaires. Centrés depuis toujours sur les activités de récupération, de réemploi et de recyclage, qui sont récemment devenus des secteurs concurrentiels, nous avons contribué à la mise en place de filières nationales de récupération pour l'ameublement ou les déchets électroniques. Mais les communautés interviennent aussi dans des activités plus directement solidaires, comme l’aménagement de logements, des maraudes avec la distribution de repas, et développent beaucoup de solidarité à l'international. 

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Qui accueillez-vous ?

Ce sont essentiellement des personnes issues d'une grande précarité, avec ou sans papiers, souvent de la rue, qui cumulent plusieurs problématiques : mauvaises conditions de santé, addictions, dégradation des liens relationnels et familiaux… Les premiers mois sont souvent consacrés à la santé, la réouverture de droits. De plus en plus, des intervenants sociaux nous accompagnent pour nous aider dans cette tâche. Nous observons une hausse permanente du nombre de personnes accueillies et bon nombre de demandes ne peuvent malheureusement pas être satisfaites. Nous accueillons des passagers pour une ou deux nuits, pour se reposer, se laver, manger. En communauté, la durée moyenne du séjour reste stable : autour d'un an et demi.

Les communautés sont des lieux de passage mais également des lieux de vie : bon nombre de personnes y sont depuis 10, 20, 30 ans, arrivées par nécessité et qui ont choisi d'y rester. La moyenne d'âge reste stable avec une moyenne de 46 ans. Mais le chiffre est trompeur. Un bon nombre de compagnons restent à la Communauté pour leur retraite, et, ces dernières années, bon nombre de jeunes y démarrent leur vie. L'équilibre hommes-femmes est stable avec une forte majorité masculine. Il y a deux ans, l'ensemble des communautés a voté une motion pour que toutes les communautés soient mixtes à horizon 2018. Par ailleurs, les Communautés accueillent de plus en plus de familles.

Comme la Communauté est un lieu reconnu pour favoriser la vie sociale, cela nous a amenés, avec le temps à être aussi des lieux d’accueils particuliers. Nous sommes parmi les premiers pour les travaux d’Intérêt Général et pouvons accueillir des personnes avec des peines substitutives, des placements sous surveillance électronique. Bon nombre de communautés ont des conventions également avec le 115 pour recevoir en urgence les personnes.

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Comment sont rémunérés les compagnes et les compagnons ?

Ils perçoivent une allocation mensuelle -qui est harmonisée- dont le montant est discuté chaque année lors des assises de la branche communautaire. Elle était de 338 € en 2014. Mais le compagnon est aussi nourri, il dispose d'un logement avec une partie privée et des espaces de vie collective. Il est souvent soutenu en complément de la CMU et de la CMU-C dans l'accès à la santé ; s'il y a des frais complémentaires, la communauté soutient les actions de santé des compagnons, et participe volontiers aux loisirs. 

Peut-on envisager que le compagnon puisse bénéficier du RSA ?

Comme nous le disions précédemment, ce n’est pas le principe retenu par les Communautés, ni les compagnons, d’ailleurs, qui ont été consultés il y a 5 ans sur le sujet. Le revenu du compagnon ou de la compagne est le fruit de son activité dans la communauté et celle-ci cotise à l’Urssaf, ce qui lui permet de cumuler des droits pour la retraite. Par ailleurs, il est sans doute possible de dire que le revenu, la fourniture d’un logement des repas, des soins de santé et autres apports sont plus avantageux que ne le serait la perception du RSA. Mais ce n’est pas l’origine du choix.

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Cette question a récemment divisé vos communautés…

Effectivement, cinq communautés du Nord Pas de Calais ont une autre conception du parcours du compagnon. Pour ces communautés, le compagnon est considéré comme quelqu'un de passage, qui a une rupture dans sa vie et qui est là provisoirement. S’il percevait antérieurement le RSA, il doit donc, estiment-elles, continuer de le percevoir. C’est une autre conception qui fait qu’actuellement ces communautés s'éloignent des autres communautés Emmaüs et entrent en contradiction avec le mouvement Emmaüs. De notre côté, avec l’immense majorité des communautés, nous affirmons que les revenus des compagnons et compagnes doivent provenir de leur participation aux activités de la communauté : c'est un levier essentiel pour le retour à l'autonomie des compagnes et des compagnons. 

De quelle manière sont associés les compagnons à la vie du Mouvement ?

Nous veillons à la participation active à tous les niveaux du mouvement. Le positionnement collectif est en train de se construire et les mots arrivent… Le président actuel, Thierry Kuhn, succède à Franz Valli qui était lui-même ancien compagnon… La participation est inscrite dans nos gênes. Depuis 2010, compagnes et compagnons peuvent être adhérents de leur association locale et administrateurs de leur communauté. Dans 46 % des cas, des compagnons ou compagnes sont effectivement devenus administrateurs de leur communauté, et certains le sont d'Emmaüs France. La rencontre nationale des compagnons qui a eu lieu les 21 et 22 novembre 2014 a été préparée uniquement par un groupe de compagnons. Certains ont aussi fait partie du 8e collège du CNLE, Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, ayant ainsi l’occasion de faire entendre leur voix directement auprès du Premier ministre. Les compagnons Emmaüs se positionnent de plus en plus comme acteurs de leur mouvement. 

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Que représente pour vous cet agrément national « d’organisme d’accueil communautaire et d’activités solidaires » ?

Pendant 61 ans, avant la signature de cet agrément, les 117 communautés ont existé en essayant de trouver des arrangements avec le droit existant. Mais nous étions souvent aux limites de la légalité. Cet agrément reconnaît légalement notre fonctionnement communautaire, notre fonction d’accueil et d’accompagnement de personnes vers leur autonomie et l'élaboration de leur projet de vie (article 265-1 du code de l’action sociale et familiale). De plus, il a permis au compagnon de sortir d’un statut « d'accueilli » pour bénéficier enfin d’un statut de « travailleur solidaire ». C’est primordial car on reconnaît ainsi un retour vers une forme d'existence sociale, d'autonomie, une place dans la société à part entière. Au sein d’une communauté, les personnes sont fières d'être compagnons, compagnes. Avec ce statut, ils ne sont pas « assistés», ils existent comme ils sont.

L’agrément vient juste d’être reconduit pour quatre années. Quelles marches reste-t-il à franchir ?

C’est une étape importante mais nous en voulons davantage ! Ces contraintes que l'on se donne nous ont fait évoluer fortement mais nous constatons que cinq ans est un temps relativement court pour que les administrations aient réellement pris en compte le contenu de ce statut. Il n'empêche pas pour l'instant des ruptures dans le parcours des personnes. Si on respecte scrupuleusement les textes actuels, ce que font malheureusement des administrations dans certaines régions, un compagnon qui souhaiterait revenir dans les schémas classiques de l’emploi devrait, pour s’inscrire à Pôle Emploi, pouvoir justifier d'un domicile personnel, donc sortir de la communauté (l’adresse de la communauté n’est parfois pas reconnue !), demander un logement et, l’ayant obtenu, attendre plusieurs mois pour bénéficier des appuis prévus par les pouvoirs publics. C’est absurde ! Nous demandons donc à ce que les compagnons puissent s’inscrire directement dans la catégorie 5 de Pôle Emploi.

La longue marche des "Travailleurs solidaires" d'Emmaüs pour l'égalité des droits
Manque de passerelles aussi pour l’insertion professionnelle ?

On bloque aussi car les compagnons qui en font la demande ne sont pas reconnus comme prioritaires. Nous savons que la question de la réinsertion ou de l'accès à l'emploi est souvent beaucoup plus large que la simple question de l'emploi : c'est aussi l'accès aux droits citoyens, aux loisirs, c’est l'intégration dans le tissu local…. Et c’est compliqué. Le fait que le mouvement Emmaüs soit structuré en trois branches, avec une branche forte dans l'insertion par l'activité économique, devrait nous permettre de créer facilement des passerelles. Mais cela supposerait que les compagnons aient le droit d’entrer directement dans les dispositifs d'insertion du droit commun.

Nous souhaitons aussi développer l’accès aux dispositifs de formation du droit commun pour offrir une qualification aux personnes qui commencent à développer un projet de vie. Jusqu’à présent, c’est Emmaüs qui doit financer sur ses propres ressources, les projets de formation des personnes. Les compagnons ne sont toujours pas considérés comme publics prioritaires bien qu'étant victimes de la grande précarité. Il faudrait presque créer une case « statut OACAS » dans tous les documents administratifs et que les compagnes et compagnons bénéficient des mêmes droits que tous citoyens.

Et en matière d'habitat ?

Nous avons engagé un important programme de réhabilitation et avons constitué un réseau d'aide à la maîtrise d'ouvrage au niveau national. Nous souhaitons aussi que les compagnons bénéficient de façon plus simple des aides existantes.  Au-delà de ces mesures, nous travaillons en permanence à offrir de meilleurs points d'appui aux compagnes et compagnons. C’est notre priorité. Mais il est parallèlement indispensable qu’après avoir déjà reconnu ce travail par l’attribution de l’agrément OACAS, les pouvoirs publics soutiennent les Communautés dans certains de leurs objectifs, par exemple en leur donnant accès à des financements pour la construction de logements, et la rénovation de l’habitat, ou tout simplement en accordant aux compagnes et compagnons présents dans la Communauté, ou souhaitant la quitter, les mêmes droits qu’à tous les citoyens.

Recueilli par Tugdual Ruellan

Emmaüs, un Mouvement solidaire et innovant

L’expérience du Mouvement Emmaüs et celle des hommes et des femmes qui le composent en font aujourd’hui un acteur incontournable de la lutte contre la pauvreté. Sa longévité et sa capacité à adapter ses réponses face aux mutations de la misère attestent de la pertinence des actions qu’il met en œuvre. Porteur d’une vision de société où l’humain est au cœur du système et où chacun à sa place, le Mouvement Emmaüs développe des solutions originales pour lutter contre l'exclusion avec des valeurs fortes comme l’accueil, la solidarité, le travail… Et ce, dans la suite des combats portés par l’abbé Pierre, son fondateur. Emmaüs France est organisé en trois branches : la branche communautaire, la branche action sociale et logement, la branche économie solidaire et insertion. 
 
Un statut original

Le 22 janvier 2010, l’État accordait à Emmaüs l’agrément national d’Organisme d’accueil communautaire et d’activités solidaires (OACAS). Ce statut, qui n’existe nulle part ailleurs et qui vient à nouveau d’être attribué pour cinq ans à la branche communautaire du mouvement, constitue une reconnaissance du fonctionnement communautaire et apporte surtout aux compagnes et compagnons le statut de « travailleur solidaire » qui les fait sortir du statut « d’accueilli ». Cet agrément vaut pour les communautés Emmaüs qui lui sont affiliées et dont la liste figure en annexe 1 au présent arrêté.
 
Sur Histoires Ordinaires

Dette publique. 59 % de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs. C'est ce que l'on apprend en lisant le rapport d'audit sur la dette publique réalisé par le CAC, Collectif pour un Audit Collectif dont est membre Emmaüs International. Voir l'article  (29 mai 2014)

Phèdre les oiseaux. Journaliste à l'Agence France Presse, Clarisse Lucas, qui collabore à Histoires Ordinaires, a eu l'occasion en 2012 de rencontrer Hiam Abbass, actrice et réalisatrice israélienne, à Lorient, où elle était en création pour « Phèdre les oiseaux ». La pièce a tourné dans toute la France et à l'étranger, avec des comédiens choisis, pour l'essentiel, parmi les communautés d'Emmaüs. V oir l'article  (13 décembre 2012)

Cité de l’Etoile. Emmaüs Habitat gère la Cité de l’Etoile à Bobigny qui comprend 763 logements sociaux construits en 1965. Le projet de rénovation urbaine initié en 2003 a fait l’objet d’une convention signée en décembre 2007. La phase opérationnelle du projet devait être engagée en mai 2010 mais le ministère de la Culture a lancé une expertise qui l'a retardée, ce qui a provoqué déception et colère. Un clip vidéo, en forme de réponse au ministre de la Culture, a été réalisé par et avec les habitants avec le soutien d'Emmaüs Habitat. Voir l'article et la vidéo  (8 septembre 2011)






1.Posté par Georges le 21/04/2015 22:20
On ne peut pas demander l'égalité des droits pour les compagnons d'Emmaüs alors qu'on les exploite par le biais d'un statut dérogatoire indigne qui les prive de leurs droits les plus fondamentaux.
Quant est-ce qu'Emmaüs va mettre ses pratiques en cohérences avec les valeurs qu'il prétend porter ?

Nouveau commentaire :







Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​Le mal des soignants

Un mal ronge le milieu de la santé : la violence sur les jeunes en formation. Un nouveau diagnostic révèle même un aggravation chez les futurs infirmier.e.s. Ils se déclarent stressés (78%), épuisés psychologiquement (62%), usagers parfois de psychotropes (27%) et pas seulement à cause du poids des études ou de la précarité qui les oblige à bosser : ils se disent aussi victimes de discriminations (36,5%), de harcèlement (33,4%)... Le milieu n'a jamais été d'une grande douceur mais l'austérité injectée à haute dose depuis des années a mis les soignants eux-mêmes sous tension. Le mal frappe à tous les étages mais le principal c'est que les comptes de la Sécurité Sociale, eux, se portent mieux. 

Michel Rouger

21/09/2017

Nono



Webdoc "Les 11 de Saint Péran"