Le billet

Un été français


16/07/2018




Comment ça va à la maison ? Nous, on n'oubliera pas nos vacances en France ! La Coupe du Monde a provoqué une euphorie incroyable. Oubliée la France qui broie du noir, chipote, râle, proteste contre le foot-business et le reste Des gamins de banlieue devenus grands ont fait un miracle. Ils ont uni le pays. Tout d'un coup, des jeunes Noirs nés dans des quartiers décriés sont devenus Français. A Moscou, au nom de tout le pays et pour la fierté ainsi rendue, le président les a embrassés un à un, mouillant sa chemise en glissant à chacun un petit mot : « Dis à tes copains que je ressors le grand plan pour les banlieues », « Moi aussi, je vais jouer maintenant collectif », etc. On nous a dit que la France avait déjà vécu cette euphorie il y a vingt ans, en 1998. En juillet, elle était devenue soudain « black-blanc-beur » En septembre c'était fini. Pas grave, nous, on sera rentrés. C'était un grand moment.  

Michel Rouger

un_ete.mp3 Un été.mp3  (1.58 Mo)





Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :

​A table - 12/09/2019

Destination mars - 05/09/2019

​Heureux - 04/07/2019

Total sur le grill - 26/06/2019

​Souffrances - 19/06/2019

​Montez ! - 13/06/2019

Khartoum - 06/06/2019

​Arithmétique - 30/05/2019

Espèce en danger - 08/05/2019

Vote bleu - 01/05/2019

​Progressons - 11/04/2019

​Tweetons un peu - 04/04/2019

Saintes chapelles - 21/03/2019

​Hécatombes - 14/03/2019

J - 7 - 07/03/2019

​Algérie, suites - 28/02/2019

Déraciner la haine - 20/02/2019

​« Liberté ! » - 06/02/2019

​Patrons en lutte - 30/01/2019

L'espoir, enfin - 25/01/2019

1 2 3 4 5 » ... 17


Le billet de la semaine

​A table

Lundi, c'était 360 tonnes d'escalopes de poulets gorgés d'eau. Avant l'été, 780 tonnes de faux steaks hachés enrichis d'amygdales, cœurs, cartilage, soja, amidon... Les extras proposés depuis un an aux cinq millions de bénéficiaires en France de l'aide alimentaire estomaquent. Le service européen qui paye ces cochonneries, le Fonds d'aide aux plus démunis, n'a cure des fraudeurs comme des pauvres. L'organisme FranceAgriMer qui fournit les associations manque de moyens de contrôle. Ainsi, l'industriel polonais peut aussi importer ses carcasses de viande du Brésil sans que personne ne mette son grain de sel. Les maîtres queux de Bruxelles sont-ils prêts à planter leurs fourchettes dans ce fricot– sain, disent les autorités – pour afficher leur confiance dans le CETA et le Mercosur, ces juteux accords de libre-échange ? Qui font si bien voyager bœufs et poulets sur l'Atlantique qu'on en perd la trace ? Mieux vaut opter pour le circuit court, le local.  Et ça vaut aussi pour l'assiette des pauvres.

Michel Rouger

12/09/2019

Nono

Newsletter