Le billet

Un été français


16/07/2018




Comment ça va à la maison ? Nous, on n'oubliera pas nos vacances en France ! La Coupe du Monde a provoqué une euphorie incroyable. Oubliée la France qui broie du noir, chipote, râle, proteste contre le foot-business et le reste Des gamins de banlieue devenus grands ont fait un miracle. Ils ont uni le pays. Tout d'un coup, des jeunes Noirs nés dans des quartiers décriés sont devenus Français. A Moscou, au nom de tout le pays et pour la fierté ainsi rendue, le président les a embrassés un à un, mouillant sa chemise en glissant à chacun un petit mot : « Dis à tes copains que je ressors le grand plan pour les banlieues », « Moi aussi, je vais jouer maintenant collectif », etc. On nous a dit que la France avait déjà vécu cette euphorie il y a vingt ans, en 1998. En juillet, elle était devenue soudain « black-blanc-beur » En septembre c'était fini. Pas grave, nous, on sera rentrés. C'était un grand moment.  

Michel Rouger

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La démocratie est aujourd'hui échouée sur le rond-point de la République. Une foule d'individus en gilets jaunes entourent le pilote. Celui-ci actionne en vain les commandes. Il faut dire qu'il s'agit d'un jeune un peu inconséquent. Il y a dix-huit mois, il a arraché le volant aux conducteurs expérimentés et entamé une course sans crier gare. Il s'est pris pour un dieu, jupiter. Il a bousculé le petit peuple, s'est fait applaudir par les nantis, a lancé un bras d'honneur à chaque appel à la prudence. Seuls ces gilets jaunes ont pu le stopper. Ils l'ont même contraint à faire marche arrière. Alors que les violences policières font frémir, que des casseurs, extrémistes et démagogues tentent de profiter de l'aubaine, qui peut sortir la démocratie de cette ornière ? Les “casques bleus” habituels, ceux qu'on appelle les “corps intermédiaires”, en tête desquels les syndicats jusqu'ici méprisés.

Michel Rouger

06/12/2018

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