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Témoignage : il y a six ans, le miracle syrien


15/03/2017



Témoignage : il y a six ans, le miracle syrien
Dans Libération, Mustafa Aljarf, pharmacien d'Alep réfugié à Strasbourg, témoigne du "printemps syrien" qui vit soudain, en mars 2011, des centaines de milliers d'habitants courbant jusqu'ici le dos réclamer pacifiquement dans la rue la liberté. « Un miracle humain », dit - il,  « nous avons contracté soudain le virus de l’espoir qu’une autre vie est possible et que nous étions capables de l’inventer. »

Six ans ont passé. Au miracle a succédé le martyre ;  le dictateur a résisté, torturé, commis des crimes de guerre ; la guerre a fait des centaines de milliers de morts et contraint des millions de réfugiés à l'exil. « La seule raison de cette folie destructrice, explique Mustafa Aljarf, est que les Syriens ont osé faire le printemps dans cette partie aride du monde (...) Leur révolte, dans cette région géostratégique si sensible, a introduit un facteur imprévu menaçant pour les intérêts établis par des puissances régionales comme l’Iran, Israël ou les pays du Golfe (...) L’émergence de ce nouvel acteur aurait aussi pu provoquer des bouleversements géostratégiques pour de plus grandes puissances encore, tels les Etats-Unis, la Russie, la Turquie ou d’autres pays du Golfe. Il s’agit là encore d’une malédiction fatale. »




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Le billet de la semaine

Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Prétendre rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher le pas lent ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

Nono