24/03/2021

Ouvrons l'œil (suite)



On trouve tout chez Ikéa. Même un système de flicage dont le tribunal correctionnel de Versailles détaille depuis lundi le mode d’emploi. C’est cependant un peu trop basique, archaïque, comme le cafardage du "voisin vigilant" déjà cité ici. Trop visible. Ouvrons l’œil de plus près. Avec ceux qui luttent depuis cinq mois maintenant contre la loi "sécurité globale" mais plus encore. Guettons le e-flicage qui s’est développé depuis les attentats de 2015 et s’épanouit maintenant avec la crise sanitaire. Du traçage des contacts à l’espionnage du télétravail, les start-up de l’ordre policier, dans la foulée des géants du web, rivalisent de créativité. Ci-contre dix questions sur les atteintes globales aux libertés. A voir, à écouter. Sauf à fermer les yeux et écoutilles. 

Michel Rouger
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Le billet de la semaine

Fou


C’est fou de voir dans quels égarements conduit la récupération politique du malheur, de l’émotion collective d’un fait divers. Présidents de la République en tête. Courant après Le Pen père et fille, Nicolas Sarkozy s’en était fait une spécialité. Emmanuel Macron vient de sauter dans sa foulée. Le 14 avril, dans l’affaire Halimi,  la Justice a conclu à l’irresponsabilité pénale du meurtrier pris d’une "bouffée délirante" liée au cannabis : aussi sec, le Président de la République a demandé un "changement de la loi au plus vite". A problème de société complexe, réponse réflexe, irrationnelle. On peut se shooter volontairement pour commettre un acte programmé mais dans la plupart des cas l’usage des stupéfiants est lié à d’autres troubles ou à des conditions de vie difficiles voire dramatiques où la responsabilité des gouvernants dépasse celle des individus. Quand on sait que le nombre des malades psychiques en prison est déjà l’un des grands scandales français, ces récupérations électoralistes tiennent quelque part du délire. 

Michel Rouger
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22/04/2021

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