Vu, Lu, Entendu...

13/09/2018

Livres : Comment l'industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies



« Happycratie. Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies ». Sous ce titre, vient de paraître l'un de ces ouvrages qui, de temps à autre et trop rarement, permettent de décoder les leurres inventés de tout temps par de puissants intérêts. Le "bien-être" vendu aujourd'hui sous de multiples formes ne ressemble-t-il pas au bon vieux sucre glissé par l'agro-industrie dans le moindre aliment pour nous faire avaler n'importe quoi ?

En plus dangereux encore...

La sociologue israélienne Eva Illouz et le psychologue espagnol Edgar Cabanas déconstruisent l'injonction au bonheur engendrée par la psychologie positive apparue il y a une vingtaine d'année aux Etats-Unis et exploitée largement depuis par les écoles de management et de coaching. Les deux auteurs s'attardent notamment aux portées économiques et politiques de la manipulation clairement au service du néolibéralisme et de l'ultra-capitalisme.

Ils montrent combien ce type de bonheur est de la seule responsabilité de l'individu, effaçant les dimensions sociales et politiques. A cette aune, chacun est l'unique responsable de ses souffrances, de ses échecs, sur son poste de travail ou au chômage, pas plus qu'il n'est responsable du bonheur des autres : un pays comme Israël se classe même ainsi parmi les champions du"bonheur"  ! Un livre à lire pour (re)prendre en main sa vie. Tout en faisant des économies sur ses dépenses de "bien-être".

Happycratie, d’Edgar Cabanas et Eva Illouz. Editions Premier Parallèle, 268 pages, 21 €.



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Le billet de la semaine

​La vague

Regarder la mer et laisser l'esprit voyager. Surtout ne plus se laisser submerger par la peur. La peur de la « seconde vague » que croient voir arriver au loin, dans la brume, un de ces jours, l'épidémiologiste, le sous-préfet, le journaliste, la cousine dont la nièce travaille à l'hôpital. Regarder la mer. Regarder dans le flot d'abstentions de dimanche la vague verte portée par un courant socialiste que l'on croyait disparu. Regarder la mer et le temps d'un été laisser l'espoir voyager... 

​Michel Rouger

01/07/2020

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