Vu, Lu, Entendu...

Les pionnières du cinéma à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé


20/09/2018



Jusqu'au 25 septembre, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé présente les femmes pionnières du cinéma et qui ont fait beaucoup pour son développement au début du XXème siècle. Contrairement à ce qu'on croit, elles ne sont pas seulement femme fatale, femme-enfant ou épouse dévouée. Les grands noms du cinéma muet telles que Musidora, Alla Nazimova ou « la petite fiancée de l’Amérique », Mary Pickford, sont aussi productrices, réalisatrices, scénaristes, critiques ou monteuses. Repoussant les limites du récit et de l’esthétique, leurs films sont modernes, courageux, inventifs et passionnants.

Après avoir entamé une carrière d’actrice, Mabel Normand par exemple, commence à écrire des scénarios et à faire de la direction d’acteurs. Cette interprète du burlesque aurait donné les premières directives à Charlie Chaplin avant de devenir le légendaire Charlot. En Europe, la scénariste Renée Deliot développe le personnage de son mari, l’acteur Mario Ausonia, en lui conférant des rôles plus complexes. Mary Pickford, à l’instar de Marie Epstein, ont toutes deux participé activement à l’édification de fameuses institutions : United Artist en 1919 pour la première et la Cinémathèque Française en 1936 pour la seconde ….

En présentant ce cycle de films (voir la liste), c’est un hommage que la Fondation rend à des femmes de talent souvent relayées au second plan, au profit de leurs homologues masculins. Cette programmation vient, par la même occasion, commémorer les 50 ans de la disparition d’Alice Guy, pionnière du cinéma français.

Au programme : Peau de pêche  (Marie Epstein, coréalisatrice avec Jean Benoit-Levy), Salomé  (Alla Nazimova, productrice et actrice), The Blot  (Lois Weber, réalisatrice, productrice et scénariste), La Cigarette (Germaine Dulac, réalisatrice), Dorothy Vernon (Mary Pickford, productrice et actrice), Vicenta  (Musidora, réalisatrice, productrice et actrice) dont une bobine a été retrouvé grâce à la Cinémathèque Française, deux programmes de court-métrages réalisés par Alice Guy aux Etats-Unis...
 
Le programme ici http://www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com/archives_projections





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Le billet de la semaine

Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Vouloir rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher lentement ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

Nono