Vu, Lu, Entendu...

25/09/2018

La parole des femmes kurdes s'échappe à travers les barreaux




Le livre s'appelle Kürt Siyasetinin, Mor Rengi (La couleur pourpre de la politique kurde).  On ne peut pas le lire en français mais sa publication (1) témoigne en elle-même de l'héroïsme des auteures, réalimentant ainsi le soutien qui leur est dû.  

L'ouvrage est signé de Gültan Kışanak, co-maire de la ville de Diyarbakir, incarcérée depuis le 25 octobre 2016, qu'il l'a co-écrit avec d’autres femmes politiques emprisonnées, des maires et députées destituées et remplacées par des administrateurs civils aux ordres du président dictateur. "Leurs paroles s’échappent à travers les barreaux et révèlent que la résistance s’organise", commente André Métayer, des Amitiés Kurdes de Bretagne, qui informe de cette parution.

"Gültan Kışanak, qui a travaillé comme journaliste pendant de nombreuses années avant sa percée politique, a préparé le livre, ajoute notamment André Métayer, à partir des interviews réalisées avec les lettres des femmes détenues dans diverses prisons turques."  Elle "relate (...) le parcours politique et la lutte des femmes kurdes, en commençant par un rappel historique de la lutte des femmes depuis le Parti du travail populaire (HEP) créé en 1990 et qui se perpétue aujourd’hui avec le HDP.

"La couleur pourpre de la politique kurde " montre comment la lutte politique des femmes kurdes a repoussé le système patriarcal dont elle révèle ses failles, complexes et souvent cachées. C’est une ode à la détermination des femmes face au système patriarcal."

Les contributrices, maires et députées emprisonnées

Zeynep Han Bingöl, Yıldız Çetin, Çağlar Demirel, Fatma Doğan, Leyla Güven, Dilek Hatipoglu, Selma Irmak, Servin Karakoç, Diba Keskin, Evin Keve, Mukaddes Kubilay, Mukaddes Kubilay, Burcu Celik Özkan, Edibe Şahin, Zeynep Sipçik, Aysel Tugluk, Gülser Yıldırım, Figen Yüksekdağ.
Zeynep Han Bingöl, Yıldız Çetin, Çağlar Demirel, Fatma Doğan, Leyla Güven, Dilek Hatipoglu, Selma Irmak, Servin Karakoç, Diba Keskin, Evin Keve, Mukaddes Kubilay, Mukaddes Kubilay, Burcu Celik Özkan, Edibe Şahin, Zeynep Sipçik, Aysel Tugluk, Gülser Yıldırım, Figen Yüksekdağ.

1. Le livre est édité par les éditions Dipnot, support de diffusion des notes et réflexions des chercheurs de l’IFEA (Institut français d’études anatoliennes). L’IFEA est un centre de recherche français dépendant du ministère des Affaires étrangères et européennes et du CNRS. Il fait partie du réseau des Instituts français de recherche à l’étranger.



Nouveau commentaire :



Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

Nono












Partenaires