Le billet

11/09/2014

La fanfare



Puisque la musique est à la Une du site cette semaine, poursuivons avec la rentrée politique en fanfare. Quel cortège au village en cette belle fin d'été ! En tête, le chef et son adjoint, menton levé regard à l'horizon, règlent l'allure, savent où ils vont. Apparemment vers l'impasse, là-bas. Derrière, le chaos. L'un resquille grave ; un autre insulte les chômeurs ; l'ex du chef, fâchée, pète les plombs. Les clairons partent à droite, les trompettes à gauche. Et voilà que l'on entend, au loin, à droite, des casseroles qui se rapprochent : l'ancien chef et ses fidèles. Et plus à droite encore, des airs sinistres qui rappellent les années noires. Cantonnés sur les trottoirs, les gens regardent passer la fanfare, attendent les suivantes. Moins nombreux à chaque fois. 
 
Michel Rouger 



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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


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