Le billet

Khartoum


06/06/2019




Il y a deux mois, le 6 avril, une révolution non violente a surgi au cœur de Khartoum, la capitale du Soudan. Un nouveau printemps arabe pacifique. Et déjà tout près de mourir. Le sit-in était devenu un vaste forum politique où les utopies côtoyaient le prix du pain qui, en triplant, a déclenché la colère puis un vent de liberté. Depuis lundi, les durs des militaires et des bandes de miliciens à leur solde se déchaînent. Des corps échouent par dizaines sur les berges du Nil. Les leaders du mouvement sont entrés dans la clandestinité tout en continuant à appeler à toutes les formes de désobéissance civile. Combien de temps vont-ils résister ? Leur sort ne semble guère préoccuper les démocraties occidentales qui assignent les Africains à la dictature, la pauvreté et aux naufrages en Méditerranée.

Michel Rouger




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Le billet de la semaine

​Souffrances

En durcissant sévèrement l'accès à l'assurance-chômage, le gouvernement va précipiter dans la pauvreté des dizaines de milliers de chômeurs et réduire les revenus de tous les autres alors même que, déjà, chaque mois, la moitié des chercheurs d'emploi ne touche pas d'indemnité. Oubliés les appels venus il y a peu du fond du pays par les Gilets Jaunes ou le "grand débat national". Ce pouvoir abandonne les milieux populaires à la précarité et ses souffrances, celles-là même qui envahissent les services d'urgences des hôpitaux dont il ne parvient pas, depuis trois mois, à mesurer la détresse. Élus et militants du parti présidentiel ne peuvent-ils pas faire remonter le mal-être ? Pas facile. Leur mission est d'abord de conquérir des villes en mars prochain. Petits calculs et courses aux places les mobilisent, les médias aussi qui lisent déjà dans le marc de café les résultats : c'est d'ailleurs pourquoi la crédibilité des politiques et des journalistes souffre aussi dans le pays.

Michel Rouger

19/06/2019

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