Le billet

27/06/2017

Humanité



Pas de malentendu : quand on parle du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, on ne dit pas Colombe, on dit Colon. Pensez à « mon colon ». C'est ce qu'il préfère. Pour preuve, le langage musclé qu'il a adopté à Calais le 23 juin et qui a atterré les bénévoles secourant les migrants. Aux « conditions de vie inhumaines » dénoncées par le défenseur des droits, Jacques Toubon, le ministre Collomb répond par plus de police et de rapidité dans les dossiers (sous-entendu de renvoi). L'homme qui, du haut de ses 70 ans fêtés le 20 juin, lors de la journée mondiale des réfugiés, illustre ainsi le rafraîchissant renouvellement de la politique, n'est pas un insensible. On se souvient de la larme perlant sous son œil droit à la cérémonie d'intronisation du jeune Macron. A Calais, il a perçu mieux que quiconque « l'humanité » des policiers face aux migrants dont on connaît, a-t-il badiné, « la douceur légendaire ». Pour affermir l'humanité promise par Emmanuel Macron, les policiers affectés à Calais vont donc passer de 450 à 700. Il leur arrivera de taper mais après tout c'est humain.

Michel Rouger

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Regarder la mer et laisser l'esprit voyager. Surtout ne plus se laisser submerger par la peur. La peur de la « seconde vague » que croient voir arriver au loin, dans la brume, un de ces jours, l'épidémiologiste, le sous-préfet, le journaliste, la cousine dont la nièce travaille à l'hôpital. Regarder la mer. Regarder dans le flot d'abstentions de dimanche la vague verte portée par un courant socialiste que l'on croyait disparu. Regarder la mer et le temps d'un été laisser l'espoir voyager... 

​Michel Rouger

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